1936, Les jours heureux ! La dernière au Théâtre Juliette Récamier

Avant le lever de rideau, le Théâtre Juliette Récamier est prêt pour la dernière

1936, Les jours heureux ! La dernière au Théâtre Juliette Récamier
Ainsi parlait l'art · L'œil écoute, Gérard l'a vu.
Lundi 2 novembre 2026, le rideau est tombé sur la dernière de 1936, Les Jours heureux !, 
le spectacle musical écrit et mis en scène par Christina Rosmini. Après une tournée qui a mené la troupe de Marseille à Lille, par les villages de vacances et les centres sociaux, c'est à Paris, au Théâtre Juliette Récamier, que la boucle s'est refermée.
Le lieu n'a rien d'anodin. Ce théâtre du 7e arrondissement a longtemps vécu dans l'orbite 
de la Ligue de l'enseignement, mouvement d'éducation populaire qui appartient au même monde que celui des congés payés. Quant à Juliette Récamier (Lyon 1777 – Paris 1849), salonnière et figure majeure de la vie littéraire et politique du premier XIXe siècle, 
elle rappelle qu'ici, de longue date, on cultive l'art de la rencontre.

Prise de parole avant le spectacle, en ouverture de la soirée

Avant le rideau

La soirée s'est ouverte par des prises de parole qui en ont donné le sens : la clôture d'une campagne nationale « 1936-2026 • Célébrons ensemble les congés payés conquis en 1936 », lancée par l'association PARCOURS, l'UNAT et l'ANCAV sous le slogan « En 2026, 
cap sur les vacances pour toutes et tous ». Depuis mai, projections de documentaires, expositions et rencontres se sont succédé dans les villages de vacances 
et les centres sociaux, au nom de la solidarité, de la fraternité, de la générosité 
et de la tolérance. Gratuite pour le public, la représentation n'a été possible que grâce 
à des organismes sociaux, mutualistes et coopératifs. Les intervenants ont précisé 
que la démarche n'avait rien de partisan : c'est l'attachement à des valeurs qui la guide. 
Ils ont aussi salué la Ligue de l'enseignement, dont le Récamier est un lieu d'éducation populaire, rappelant que la démocratie se partage aussi dans les théâtres.

La campagne avait été présentée à la presse le 18 juin 2026, dans le foyer de ce même théâtre : elle s'ouvre et se clôt ainsi au Récamier. Tout l'été et jusqu'à l'automne, elle a donné vie 
à des expositions, projections, conférences, spectacles et animations partout en France, recensés sur une carte nationale collaborative. Robin Renucci, comédien, metteur en scène 
et directeur du Théâtre national de La Criée à Marseille, en est le parrain, et le spectacle 
de Christina Rosmini l'un de ses deux volets artistiques, pour rappeler, par les mots, 
la musique et le récit, que les congés payés furent bien plus qu'une avancée sociale : 
une transformation profonde des vies et des imaginaires.
Selon le communiqué des organisateurs, cette journée de clôture s'est ouverte au Sénat 
par un colloque réunissant acteurs associatifs, universitaires et personnalités du monde culturel autour de l'héritage de 1936 et de l'avenir du droit aux vacances, avant que le spectacle 
ne la prolonge au théâtre. Site de la campagne : 1936-2026-90-ans-cp.fr*

Quatre voix, trois musiciens : les chansons de 1936 portées à pleine voix

Un grand bond musical dans 1936

Le spectacle s'appuie sur 87 chansons d'époque, présentées en extraits, qui racontent 
les années 1934 à 1939. La plupart sont des incontournables du répertoire de ces années-là ; quelques titres, selon le communiqué des organisateurs, ont été exhumés d'ouvrages révolutionnaires et n'avaient jamais été enregistrés. On y retrouve les bals populaires à l'usine et les grèves, l'élection de Léon Blum et ses réformes, les premiers départs en vacances, 
au bord de la Marne comme de la Méditerranée, les guinguettes. L'ombre de la guerre d'Espagne et de la montée du nazisme n'est pas oubliée. Et tout s'achève dans la joie, sur la question de Ray Ventura : « Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? »

Au fond, le paravent devient écran, l'époque s'invite sur le plateau

Au milieu du spectacle, les comédiens quittent un instant 1936 pour regarder 2025. 
Chiffres à l'appui, ils évoquent le nombre de Français qui partent aujourd'hui en vacances 
et ce que cela représente pour l'économie du pays, avant de rappeler que quatre Français 
sur dix restent chez eux; un constat que partagent les organisateurs de la campagne : 
40 % de la population ne part pas chaque année, et des enfants de quartiers marseillais 
n'ont jamais vu la mer. Avec le sourire, ils opposent le poste de TSF au téléphone portable, puis rendent hommage aux grands-parents qui se sont battus pour que leurs descendants puissent partir se reposer. Un modèle inventé ici, concluent-ils, imité ailleurs. 
La musique enchaîne; l'atelier de couture est en fête.

Ce constat, les organisateurs le documentent dans leur dossier de presse, d'après le Crédoc (données de janvier 2024), l'Observatoire des inégalités et un sondage Ifop réalisé 
pour la Fondation Jean-Jaurès et l'UNAT (2023) : 40 % des Français ne partent pas 
en vacances ; 52 % des parents ont déjà renoncé à y emmener leurs enfants pour des raisons financières ; 76 % des ouvriers ont déjà renoncé aux vacances pour des raisons économiques ; 65 % des personnes qui ne partent pas aujourd'hui ne sont jamais parties durant leur jeunesse.

Blouses bleues et gobelets: la vie d'atelier avant les congés.

Au Théâtre Juliette Récamier, la salle bruissait au rythme des entrées. Devant les spectateurs, une scène encore vide : à gauche, les instruments attendaient leurs musiciens, et çà et là, accessoires et éléments de décor installaient déjà une autre époque.

Dans les fauteuils, beaucoup tenaient au Front populaire, de près ou de loin, par un grand-père, une grand-mère, un père ou une mère. Les sons de l'enfance sont impérissables ; les souvenirs de ces chansons les faisaient revivre.

Pas de trois coups, ce soir-là. Une introduction a d'abord rappelé la campagne lancée par l'association PARCOURS, l'UNAT, l'ANCAV et d'autres partenaires.

 Christina Rosmini est entrée, suivie de ses musiciens et de ses chanteurs, et les 87 chansons ont pris possession de la scène.

Chaque tableau a été salué avec ferveur. Les refrains, le public les a repris en chœur : 
un public connaisseur, et comblé. Et pour le happy end, c'est ensemble, salle et plateau, 
que l'on a chanté : « Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? »

Un grand merci à Sophie Louvet, relations presse de cette soirée, pour un moment aussi émouvant, convivial qu'instructif.


Christina Rosmini, une chanson française aux couleurs du Sud

Artiste méditerranéenne aux origines espagnoles, corses et italiennes, Christina Rosmini 
s'est nourrie du flamenco, des musiques sud-américaines, orientales et indiennes, comme 
de la chanson à texte. De ce mélange est née une chanson française « aux couleurs du Sud », saluée par la critique et le public, avec plus de 2 000 concerts sur quatre continents, 
selon sa biographie. Dans son dernier voyage musical, INTI (le dieu du Soleil), 
elle allie tradition et modernité dans une veine pop élégante.
Présentant 1936, Christina Rosmini  se définit comme auteure, compositrice, 
interprète et créatrice de spectacles musicaux souvent tournés vers l'histoire. 
Ses textes, dit sa biographie, abordent des thèmes d'actualité et universels, avec humanisme 
et émotion, mais sans nostalgie. Elle invite le public à chanter avec la troupe : 
ces refrains, promet-elle, nous trottent encore dans la tête.

Sur scène

Les saluts de la dernière, sous les applaudissements

Christina Rosmini, Ariane Pirie, Matthieu Brugot ou Antonio Interlandi, Arnaud Denissel 
ou Adrien Biry-Vicente, avec Bruno Caviglia (guitare), Sébastien Debard ou Christophe Lampidecchia (accordéon), Maxime Merlin ou Emmanuel Soulignac (contrebasse) 
et Xavier Sanchez (percussions).

Un spectacle de Christina Rosmini, produit par Couleur d'Orange. Photos : © Gérard Pocquet. Graphisme de l'affiche : © Guillaume Saix. Site de l'artiste : christinarosmini.com

Site de la campagne : 1936-2026-90-ans-cp.fr*

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