Gainsbourg « En Confidence » : la Rive gauche monte à Montmartre • Théâtre MONTMARTRE GALABRU • 👁️ L'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art
Gainsbourg « En Confidence » : la Rive gauche monte à Montmartre
Jean-Michel Lamazou (chant) et Bernard Menu (piano, arrangements), Théâtre Montmartre Galabru
Dimanche, 18h30, rue de l'Armée-d'Orient. On pousse la porte, et Saint-Germain-des-Prés vient d'emménager sur la Butte.
Un piano à queue, un seau à champagne, deux flûtes qui trinquent déjà. Sur l'écran, col roulé et veste claire, l'esquisse passe, du rouge au bleu. Dans les caves de Saint-Germain, c'est le profil de celui qui venait écouter Boris Vian en tendant l'oreille,
Ce bleu-là, on jurerait qu'Yves Klein l'a laissé sur place, lui qui inventait le sien au même moment. Juliette Gréco, elle, donnait le la d'une époque.
Lamazou, s'adresse à son pianiste comme un dandy au sourire de velours, parle à son complice des nuits de fête. C'est une conversation, qui est en réalité un monologue. Maëlle Mietton a donné au texte son ton juste; les récits puisent dans la biographie de Gilles Verlant, dans Lulu et Liz, le témoignage de sa première épouse, et dans le recueil Pensées, provocs et autres volutes.
Vingt-trois chansons, de 1955 à 1965, de Maxim's à Poupée de cire, poupée de son. Les classiques (Le Poinçonneur des Lilas, La Javanaise, La Chanson de Prévert) y croisent des pépites : Recette de l'amour fou, Baudelaire / Le serpent qui danse, Adieu créature. Entre elles, des récits par thèmes : le nom qui change, Vian qui pousse vers la scène, Prévert et le « passeur », le jazz, puis les yéyés qui sonnent la fin de la fête.
La peinture, elle, explique le tournant. Gainsbourg tenait la toile pour un art majeur et la chanson pour un art mineur, et les archives de l'INA gardent sa dispute avec Guy Béart. Alors vient la phrase de Juliette Gréco, rapportée par Liz, sa première épouse, dans la vidéo Youtube, Lulu et Liz : « Il faut choisir : peintre ou chanteur. » Il a choisi! Nous en profitons encore.
Mais le plus beau moment, c'est le spectacle lui-même. Une petite salle feutrée, à portée de voix, qui permet les confidences d'alcôve. Le chanteur, le pianiste et vous : les trois ne sont séparés que par un souffle. Les uns viennent s'y souvenir, les autres y découvrir ce que leurs parents fredonnaient sans le dire.
Ne le faites pas poireauter, il n'aime pas ça ! Les artistes ont déjà enfilé leurs costumes,s signés Mogharab et Lagerfeld. Venez partager ce moment unique avec eux !
Théâtre Montmartre Galabru, 4 rue de l'Armée-d'Orient, Paris 18e, les dimanches à 18h30, jusqu'au 20 décembre 2026.
Livret : J.-M. Lamazou et B. Menu. Regard à la mise en scène : Maëlle Mietton. Illustration vidéo : Jean-Noël Criton. Photos : Gérard Pocquet.


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