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| Isabelle De BOTTON • La Parisienne d’Alexandrie • Crédits photo: ©Julie Peiffer |
La Parisienne d’Alexandrie : un solo, une heure quinze, tout un monde englouti
D’Isabelle de Botton, mise en scène de Michèle Bernier
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| Décors Koko • La Parisienne d' Alexandrie • Crédits photo: @ainsiparlaitlart_gerardpocquet |
Sur un plateau nu, entre un paravent, un fauteuil « Ghost » et un cube de plexiglas transparent, une femme en robe rouge à pois, escarpins vernis rouges. Isabelle de Botton prépare des pâtisseries orientales, wara et mena, en espérant qu’elles feront parler un père resté « bouche cousue » jusqu’à sa mort. Le cahier de recettes de sa mère sert de fil conducteur pour toute la soirée.
Le fond historique. Dans la nuit du 2 novembre 1956, en pleine crise de Suez, Nasser fait arrêter quelque 700 Français, Anglais et Juifs d’Égypte, en représailles à l’agression franco-anglo-israélienne. Joseph,
le père est emmené d’une villa d’Alexandrie, interné pendant quatre mois dans une école israélite du Caire transformée en prison. L’enfant a quatre ans. Il ne comprend que l’absence. Ensuite viennent la nationalité égyptienne qu’il faut abandonner, les « sujets locaux » devenus « juifs » tout court, le départ du port d’Alexandrie le 28 avril 1960, avec vingt-sept valises en cuir noir. La pièce évoque aussi le cosmopolitisme alexandrin (grec, italien, arménien, arabe, ladino), l’exil parisien, l’école de Neuilly,
la guerre d’Algérie en toile de fond et la question « d’où venez-vous ? ».
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| Isabelle De BOTTON • La Parisienne d’Alexandrie • Crédits photo: ©Julie Peiffer |
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Le tour de force. Seule en scène, Isabelle devient tour à tour la petite fille de quatre ans, la mère sensible aux romans, la grand-mère Nona Jeanne, la nounou Mabrouka, Tahar le domestique soudanais qu’on empêche de monter à bord, l’oncle Léon et ses porte-bonheur, la maîtresse d’école et la boulangère.
Elle change de voix, de langue (français, arabe, italien, anglais), passe du rire aux larmes, en une phrase. Les photographies de la représentation le montrent : la main sur le cœur, un sourire plein
de gratitude, le corps dans le jeu, la main près de l’oreille, tout en vivacité.
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| Isabelle De BOTTON • La Parisienne d’Alexandrie • Crédits photo: ©Julie Peiffer |
L’émotion. L’humour du sucre et du miel (« un jour c’est miel, un jour c’est oignon ») masque une blessure. Isabelle n’a pas de réponse à la question du silence paternel, seulement la mémoire des odeurs |
de jasmin, de fleur d’oranger et du vent brûlant du khamsin. Le dernier mot est pour la liberté :
être « une juive d’eau douce », libre d’être de partout, et sentir sur scène la chaleur des projecteurs
comme une caresse du désert.
« Isabelle de Botton a traversé la Méditerranée, 27 valises et des années pour vous rencontrer.
Les gâteaux sont prêts. Il ne manque que vous. Studio Hébertot, jusqu’au 2 décembre. »
L’œil écoute, Gérard l’a vu. @ainsiparlaitlart_gerardpocquet
L'Art Universel • L'Art Sacré • L'Art Singulier d'Ici et d'Ailleurs | Gérard Pocquet Ainsi Parlait l'Art | ainsiparlaitlart@proton.me @ainsiparlaitlart_gerardpocquet
La Parisienne d’Alexandrie : un solo, une heure quinze, tout un monde englouti • De et avec Isabelle De BOTTON • Mise en scène Michèle Bernier • Studio Hébertot • @ainsiparlaitlart_gerardpocquet Pour en savoir plus : Le lien est dans la Bio https://ainsiparlaitlart.blogspot.com #ainsiparlaitlart #art #peinture #culture
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