Supplique à nos fantômes : une prière filmée pour que le silence cesse de se transmettre • 🎬 L'AFFICHE A PARLÉ • SUPPLIQUE À NOS FANTÔMES • Film de Xavier PESTUGGIA
Supplique à nos fantômes : une prière filmée pour que le silence cesse de se transmettre
Un film de Xavier Pestuggia, avec la voix de Guillaume Gallienne. Documentaire, 71 minutes. En salles depuis le 28 octobre.
Une image suffit presque à dire ce film : un couloir de pierre, une lumière d'après-midi qui s'attarde sur les dalles, une femme en robe pâle qui traverse le cadre, tandis qu'une voix d'homme, chaude, théâtrale, reconnaissable entre mille, commence à raconter.
Deux voix qui se cherchent. L'une est celle d'Andrea, filmée de face, d'une douceur presque déroutante pour dire ce qu'elle dit. L'autre appartient à un homme que l'on ne verra pas : Xavier Pestuggia, qui a confié ses mots à Guillaume Gallienne. Trente ans les séparent. Elles se répondent comme des lettres écrites d'une génération à l'autre. Ce qui les lie tient en une image : celle d'une mère dont l'amour étouffait, un « boa étouffeur d'amour », a dit Andrea. Il a reconnu la sienne.
Un film qui murmure. Il aurait pu crier. Il choisit le murmure. Pas de scène brutale, pas de colère jetée à l'écran : le hors-champ, le son, une voix, un piano très présent suggèrent ce que l'on ne montre pas. La conscience que cela a réellement existé fait le reste.
Du cinéma de l'absence. Des silhouettes de craie flottent sur le réel : un homme de dos dans un dortoir, des élèves fantômes dans une salle de classe, une mère portant un nourrisson sur un fond de nuit. Une photographie d'enfance que le feu ronge, des visages qui surgissent dans le vide qu'il laisse. Le noir et blanc d'un cloître entrevu derrière une grille répond à la lumière dorée d'un jour d'été. Quand le dessin vient hanter l'image, le documentaire cesse d'être un simple témoignage : il devient une forme, hybride, à la lisière du réel, de la fiction.
Pas de coupable, des mots. Si un doigt se tend, c'est vers le silence, celui des pères présents sans l'être. Le film ne désigne personne : il cherche des mots.
Une supplique. Le titre dit tout : demander une grâce à nos fantômes, afin qu'ils cessent de hanter les enfants. Le film leur est dédié, aux enfants de Xavier comme à ceux d'Andrea. Prière dite à voix basse, il ouvre une porte, celle d'une parole qui se libère.
À voir avec ses parents, ses enfants, ses amis. Parler ensuite fait partie du film.
Il aborde des violences familiales : à voir en connaissance de cause.
L'avis de Gérard Pocquet. Supplique à nos fantômes parle des êtres absents mais présents, de ces vivants dont la violence d'un mot, d'une phrase, d'un geste incontrôlé revient à la conscience, à la mémoire. C'est un film de transmission, de partage, où des paroles se libèrent. Il n'a pas besoin de montrer des scènes brutales, frontales, colériques à l'excès : cela deviendrait de la fiction. Le hors-champ, le son, la voix de Guillaume Gallienne suffisent. L'affiche, sans violence apparente, lui est cohérente.
👁️ L'œil écoute • Ainsi Parlait l'Art • Gérard l'a vu #ainsiparlaitlart #supplieranosfantomes #XavierPestuggia #GuillaumeGallienne #cinema #documentaire #transmission
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/10/laffiche-parle-supplique-nos-fantomes.html
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/10/guillaume-gallienne-la-voix-qui-porte.html
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/10/se-reconstruire-travers-la-litterature.html
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/10/trente-ans-ecouter-les-autres-xavier.html


Commentaires