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Anselm Kiefer, Klytia, 2025 Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, feuille d’or, sédiments d’électrolyse et collage de toile sur toile, 380 × 280 cm (149.61 × 110.24 in) |
Thaddaeus Ropac Paris Pantin présente Nymphäum, une exposition de nouvelles œuvres d’Anselm Kiefer. À travers plus de vingt peintures, l’artiste orchestre de riches couches de peinture et des éléments de collage sur les toiles pour réinterpréter
des récits de la mythologie classique. Le titre de l’exposition, qui se traduit
nymphée » fait référence aux sanctuaires consacrés aux nymphes dans la Grèce
et la Rome antique. Kiefer transforme la galerie en sa propre nymphée picturale :
un nouveau chapitre dans l’entrelacement du mythe et de la matière qui définit
sa pratique depuis plus de cinq décennies.
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Anselm Kiefer, Die Oreaden, 2025 Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, feuille d’or, sédiments d’électrolyse et collage de toile sur toile, 280 × 760 cm (110.24 × 299.21 in) |
Kiefer accumule et réinvente sans cesse des motifs qu’il emploie comme des outils pour sonder les profondeurs de l’histoire humaine. Dans ce nouveau corpus d’œuvres, il s’intéresse aux nymphes : ces incarnations de la nature issues de la mythologie classique et pourtant d’une actualité brûlante. Ces figures deviennent les vecteurs d’une idée qui réside au cœur de la création artistique de Kiefer : l’imbrication profonde de l’humanité avec les cycles de la nature. Certaines des nymphes de Kiefer occupent des environnements bucoliques qui rappellent leurs origines classiques, tandis que d’autres habitent des mondes résolument modernes.
Dans un ensemble de scènes urbaines vertigineuses, Kiefer remplace ses paysages dévastés caractéristiques par des façades accueillantes, dont les fenêtres illuminées sont rendues à l’aide de feuilles d’or minutieusement disposées en quadrillage,
que la conservatrice Corinna Thierolf compare à la fois aux mosaïques byzantines
et au Baiser (1907–8) de Gustav Klimt.
Inspiré par la lumière filtrée à travers les arbres de Central Park à New York,
l’artiste a identifié, dans le cadre le plus urbain qui soit, une dimension surnaturelle.
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Anselm Kiefer, Actaea, 2021–25 • © Anselm Kiefer Photos : Nina Slavcheva Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, feuille d’or, sédiments d’électrolyse, craie et collage de toile sur toile 560 × 760 cm (220.47 × 299.21 in)
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Une profusion de formes végétales scarifie le premier plan de ces tableaux, rendues avec une texture telle qu’elles semblent transpercer la toile, jaillissant
à sa surface comme pour reconquérir le monde façonné par les humains.
À travers l’œuvre de Kiefer, la nature lutte pour regagner les terrains ravagés
de l’Europe d’après-guerre et de l’ère post-industrielle, dans une métaphore
de l’inévitabilité du cycle de destruction et de renaissance.
La rangée imposante de nymphes dans l’œuvre monumentale Die Oreaden (2025), qui mesure près de huit mètres de large, transpose la scène crépusculaire idyllique
des Oréades (1902) de William Bouguereau en un paysage montagneux lugubre,
sous un ciel aux teintes cuivrées. Si les gratte-ciel en béton et les paysages hostiles
Les Kiefer semblent peu propices aux esprits de la nature ; leurs surfaces denses
et empâtées semblent leur offrir un refuge éphémère.
L’exposition présente également deux paravents peints en triptyque dans lesquels
« le peintre semble vouloir offrir aux nymphes un refuge éphémère,
à la mesure de leur fugacité, elles qu’un infime souffle d’air suffira à chasser »,
comme le décrit Thierolf.
Les rivières constituent depuis longtemps un motif fondamental de l’œuvre de Kiefer, porteuses, comme l’écrit Min Jung Kim, commissaire de l’exposition de l’artiste
au Saint Louis Art Museum en 2025–26, d’une « charge historique, mythologique
et symbolique ». Plusieurs des œuvres exposées retracent les mythes des Naïades,
des Néréides et des Océanides. Dans Thetis (2022–25), Nikaia (2025)
et Actaea (2021–25), les nymphes éponymes se baignent dans des eaux sombres
ou se dissolvent dans leur environnement aquatique. Kiefer rend ces scènes
à travers de somptueuses couches de peinture et des morceaux de toile collés, donnant l’impression que les œuvres ont été physiquement immergées dans la vase
et l’histoire.
© Anselm Kiefer Photos : Nina Slavcheva
Ci-dessus : Paravent, 2021–25. Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, sédiments d’électrolyse, craie et collage de toile sur toile,
280 × 570 cm (110.24 × 224.41 in).
Ci-dessous : Paravent, 2021–25. Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, sédiments d’électrolyse, paille et collage de toile sur toile,
380 × 760 cm (149.61 × 299.21 in)
© Anselm Kiefer Photos : Nina Slavcheva
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même des eaux qu’il représente. Le langage matériel joue un rôle essentiel dans l’œuvre de Kiefer, et tout au long de l’exposition, des liens symboliques émergent de la gomme-laque et de la craie, de la paille et du fusain. Kiefer utilise également des sédiments d’électrolyse, ces résidus de couleur jade qui se forment lorsque le métal est exposé à un courant électrique, à la manière d’une peinture, qu’il applique généreusement sur ses toiles pour évoquer le feuillage ou l’eau. À l’instar de la fastueuse feuille d’or que Kiefer emploie pour représenter le ciel ou la lumière, ce sédiment évoque les processus alchimiques de transmutation de la matière en or, une influence récurrente dans l’œuvre de l’artiste. Selon les mots de Kiefer : « L’alchimie est un symbole pour l’artiste… il faut détruire pour ensuite recréer. »

Anselm Kiefer, Carya, 2025 • © Anselm Kiefer Photos : Nina Slavcheva Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, feuille d’or, sédiments d’électrolyse et collage de toile sur toile, 280 × 380 cm (110.24 × 149.61 in) Dans Nymphäum, cette transformation s’exprime tant au niveau du sujet que de la matière. L’artiste représente des nymphes en pleine métamorphose, un thème central de la littérature classique. Dans Daphne (2025), la nymphe fluviale se matérialise à partir du laurier en lequel elle a été transformée selon le récit d’Ovide. Dans Carya (2025), le visage de la nymphe, semblable à une fleur, émerge des feuilles du noyer qui porte sa forme transfigurée. Presque camouflées parmi les surfaces texturées, elles semblent naître directement des réactions dynamiques de la matière sur les toiles. Ces visages désincarnés rappellent les portraits que Kiefer suspendait dans ses paysages de la fin des années 1960 et du début des années 1970, une stratégie compositionnelle par laquelle, comme l’a écrit l’historienne de l’art Sabine Schütz,
« Le paysage se transforme en paysage de l’âme. » Veillant sur le royaume de la nature, les nymphes tissent un lien entre la figure et la flore, ainsi qu’entre les mondes intérieurs et extérieurs, estompant ainsi les frontières entre paysage et portrait. Cette fusion entre figure et fond anime la « terre » stratifiée de ces œuvres, qui devient, comme l’écrit Thierolf, « Un espace [...] voué au souvenir ». Un lieu clos, envahi par la végétation, et que l’on ne pourra jamais réduire au silence.

© Anselm Kiefer Photos : Nina Slavcheva Anselm Kiefer, Nymphäum, 2025 Émulsion, peinture à l’huile, peinture acrylique, gomme-laque, feuille d’or et sédiments d’électrolyse sur toile, 190 × 280 cm (74.8 × 110.24 in)
Pour toute demande : Marcus Rothe Thaddaeus Ropac Paris marcus.rothe@ropac.net Téléphone +33 1 42 72 99 00 Portable +33 6 76 77 54 15
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L'Art Universel • L'Art Sacré • L'Art Singulier d'Ici et d'Ailleurs Ainsi Parlait l'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art THADDAEUS ROPAC Paris Pantin • Anselm Kiefer • Nymphäum • 25 avril—25 octobre 2026 • Thaddaeus Ropac Paris Pantin • Press release Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art Pour en savoir plus : Le lien est dans la Bio https://ainsiparlaitlart.blogspot.com #ainsiparlaitlart #art #peinture #culture
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