Xippas Genève • Exposition "Critical Girls" • Artistes Chloé Delarue, Miriam Laura Leonardi et Gaia Vincensini • 03.07.26 -> 05.09.26 • Presse Release Ainsi Parlait l' Art
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Miriam Laura Leonardi Open Season, 2025
(détail) balle de golf, film adhésif dimensions variables © Giulio Boem
Miriam Laura Leonardi et Gaia Vincensini sous le commissariat
de Manuella Denogent.
À travers trois pratiques plastiques distinctes, qui engagent la sculpture, l’installation, la photographie, la vidéo, l’objet, les dispositifs lumineux et l’intervention
dans l’espace, l’exposition propose un regard critique sur les systèmes
de représentation, de valeur et de désir qui traversent la société contemporaine.
Les trois artistes, chacune depuis un vocabulaire formel très affirmé, interrogent
les images, les objets, les signes et les matières qui organisent notre rapport au monde : ce que nous regardons, ce que nous consommons, ce que nous fétichons,
ce que nous projetons sur les choses.
Plutôt que de construire un récit thématique univoque, l’exposition met en relation trois démarches qui partagent une même attention aux mécanismes de production du visible. Chez Gaia Vincensini, Chloé Delarue et Miriam Laura Leonardi, les formes ne sont jamais neutres. Elles circulent, séduisent, se reproduisent, s’automatisent, se vendent, se chargent de valeurs symboliques ou économiques, parfois jusqu’à devenir les symptômes d’une époque. En réunissant ces trois artistes liées à la scène suisse contemporaine, Xippas Genève propose une lecture sensible et critique de pratiques qui regardent le présent non comme un simple décor, mais comme un système de signes à déchiffrer.
Chloé Delarue développe, sous l’acronyme TAFAA, Toward A Fully Automated Appearance, un corpus d’œuvres
qui interroge l’automatisation des formes, des affects et des environnements.
Ses installations associent matériaux industriels, composants technologiques, néons, résines, éléments organiques ou végétaux, dans des agencements qui évoquent autant la science-fiction que les vestiges d’un monde en mutation. Son travail ne célèbre pas le progrès technologique ; il en révèle plutôt les tensions, les restes, les zones d’opacité et les possibles dérèglements. Récompensée en 2026 par une Bourse de la Fondation Leenaards et lauréate du concours pour une œuvre pérenne au Site archéologique Saint-Antoine à Genève, dont l’inauguration est prévue le 5 septembre 2026,
Chloé Delarue inscrit sa pratique dans une actualité institutionnelle particulièrement significative.
Miriam Laura Leonardi, quant à elle, inscrit son travail dans une démarche conceptuelle, autoréférentielle et souvent ironique, où se croisent photographie, vidéo, performance, objet et intervention dans l’espace public. Puisant dans la culture visuelle, le cinéma, la littérature et l’histoire de l’art, elle déplace les codes existants pour en faire apparaître les sous-textes politiques, sociaux et féministes. Le langage, l’appropriation, la citation et la mise en scène deviennent chez elle des outils d’analyse autant que des formes de trouble. En 2026, elle représente la Suisse au Pavillon suisse de la Biennale de Venise dans le cadre d’un projet collectif.
Chez Gaia Vincensini, les formes circulent entre économie, ornement, pouvoir symbolique et fiction. Son travail interroge la notion de valeur, non comme donnée stable, mais comme construction sociale, affective et spéculative. Dans ses sculptures, céramiques, impressions, textiles ou vidéos, l’artiste convoque les imaginaires
de la banque, de l’assurance, du luxe, des cosmétiques, des accessoires et des signes de possession. Ces univers deviennent chez elle des espaces allégoriques, traversés
par des récits secrets, des symboles ambigus et des rituels de protection
ou d’appartenance. Après son exposition personnelle "Assurance sinistre "
à La Graineterie, centre d’art de la Ville de Houilles, elle remporte le prix
aux Swiss Art Awards 2026, sa présence dans l’exposition inscrit pleinement
le projet dans l’actualité de la scène suisse contemporaine.
L’exposition prend ainsi acte d’un moment où les images, les objets et les dispositifs qui nous entourent ne relèvent plus seulement de la représentation. Ils produisent
des récits, activent des désirs, organisent des formes d’appartenance, de contrôle
ou de projection. Entre valeur et apparence, automatisation et fiction, culture visuelle et critique sociale, Gaia Vincensini, Chloé Delarue et Miriam Laura Leonardi composent un ensemble de pratiques qui donnent à voir les tensions d’un présent traversé par ses propres signes.
Manuella Denogent
Politologue et historienne de l’art, elle est en charge de la collection du Fonds cantonal d’art contemporain (FCAC) de Genève. Parallèlement, elle mène une activité
de commissaire d’exposition, et a présenté à l’automne 2023 à la Société des Arts
une exposition sur la mouvance romande NEO GEO, sur la base d’une sélection d’œuvres du FCAC. Elle a également conçu plusieurs expositions temporaires
dans l’espace public, remettant en question la dimension conventionnelle
de la commande publique.
Forte d’une expérience pluridisciplinaire, elle a été directrice adjointe du Centre
de la photographie de Genève, elle a organisé en 2024, en collaboration
avec Emmanuel Alloa, une série de conférences autour de la théorie de l’image
pour le musée Photo Élysée de Lausanne.
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