đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • Confrontation • Lima · 1985 / Paris · 2026 • La Ville et les Chiens • LA CIUDAD Y LOS PERROS • un film de Francisco Lombardi • Ainsi Parlait l' Art interpellĂ©
![]() |
La Ville et les Chiens
Le cri expressionniste contre le silence du portrait. Deux graphistes anonymes. Deux langages opposĂ©s. Un seul film. Quarante ans d'une mĂȘme blessure qui a changĂ© de visage sans guĂ©rir
Un visage humain qui hurle se fond dans une gueule de chien qui gronde. Les deux crĂ©atures portent le mĂȘme kĂ©pi d'officier, bleu marine, insigne dorĂ© de Leoncio Prado. Ce n'est pas un militaire Ă cĂŽtĂ© d'un chien. C'est une seule crĂ©ature hybride dont l'uniforme est le seul point fixe. Ce qui change, c'est le visage en dessous. L'institution produit la mĂ©tamorphose. La filiation est celle de Goya, de Kafka, de Francis Bacon : la vĂ©ritĂ© psychique rendue physiquement insupportable.
Du pamphlet expressionniste au portrait humaniste
Principe : la déformation dit la vérité que le réalisme cache. Montrer la déshumanisation intérieure en la rendant littérale, plastique, incontournable. Le graphiste de Lima produit une caricature ontologique non pas une exagération de traits, mais une révélation de nature.
Public : une population de Lima qui n'a pas besoin qu'on lui explique la violence des uniformes. L'image est reçue comme un témoignage.
Principe : la retenue dit ce que l'excĂšs cache. Montrer l'humain dans l'uniforme — restituer une dignitĂ© Ă celui que l'institution a formĂ© Ă l'effacer. Le graphiste de Paris produit un portrait de rĂ©sistance : refuser la mĂ©tamorphose animale pour rappeler que ces corps sont des corps d'enfants.
Public : un public parisien cultivé qui reçoit la violence péruvienne comme un héritage humaniste à préserver.
Ce que chaque regard révÚle et ce qu'il dissimule
Deux auteurs sans nom, une conversation Ă quarante ans de distance
L'affiche de 1985 n'a pas de nom de graphiste. L'affiche de 2026 non plus. Ces deux auteurs invisibles ont pourtant eu une conversation, sans se connaßtre, à quarante ans de distance, sur ce que signifie représenter la violence d'un systÚme. L'un a hurlé. L'autre lui a répondu par le silence du portrait.
Le graphiste de Lima, 1985, travaillait pour une réalité immédiate, une douleur présente, un ennemi identifiable, un public qui partageait son vécu. Son expressionnisme était une arme. Le graphiste de Paris, 2026, travaillait pour une réalité mémorielle, une blessure transmise, un héritage à préserver, un public qui ne l'avait pas vécue. Son portrait était un hommage.
Une affiche n'est pas seulement une image qui annonce un film. C'est une interprĂ©tation du film. Et ces deux interprĂ©tations, sĂ©parĂ©es de quarante ans, ne lisent pas le mĂȘme film, parce qu'elles ne lisent pas le mĂȘme monde.— Ainsi Parlait l'Art · Rubrique L'Affiche et son FantĂŽme
Ensemble, elles forment le diptyque le plus honnĂȘte sur soixante ans d'une blessure pĂ©ruvienne que l'art ne peut pas soigner, mais peut, au moins, nommer. Dans cet espace entre le cri et le silence, entre Lima et Paris, entre 1985 et 2026, c'est le fantĂŽme de l'affiche que nous cherchons : l'auteur sans nom qui a su choisir l'un plutĂŽt que l'autre.
| Gérard Pocquet Ainsi Parlait l'Art |
ainsiparlaitlart@proton.me @ainsiparlaitlart_gerardpocquet đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • • Confrontation • Lima · 1985 / Paris · 2026 • La Ville et les Chiens • LA CIUDAD Y LOS PERROS • un film de Francisco Lombardi • Ainsi Parlait l' Art interpellĂ© |
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com
#ainsiparlaitlart #art #peinture #culture


Commentaires