🎬 L'AFFICHE A PARLÉ • ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS • Un film de Michael Sarnoski • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art
🎬 L'AFFICHE A PARLÉ • ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS • Un film de Michael Sarnoski • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art
© Metropolitan FilmExport • A24 • Sortie en salles le 1er juillet 2026
Synopsis :
Hanté par son passé, après une vie de crimes et de violence,
Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance
de rédemption.
Pas de visage. C'est la première chose que cette affiche refuse.
Là où soixante ans d'imagerie "robin-des-boisienne" nous avaient habitués au sourire, à l'arc bandé de face, au collant vert et au chapeau à plume, Metropolitan FilmExport et A24, en association avec Lyrical Media et une production RPC, choisissent l'épaule, le dos, le profil perdu d'un vieillard.
On ne verra pas ses yeux. On verra son poids.
ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS
Un film de Michael Sarnoski • L'affiche a parlé
Là où soixante ans d'imagerie "robin-des-boisienne" nous avaient habitués au sourire, à l'arc bandé de face, au collant vert et au chapeau à plume, Metropolitan FilmExport et A24, en association avec Lyrical Media et une production RPC, choisissent l'épaule, le dos, le profil perdu d'un vieillard.
On ne verra pas ses yeux. On verra son poids.
L'affiche d'abord
Cadrage vertical, extrêmement serré : le corps de Hugh Jackman occupe la quasi-totalité du format, de la nuque jusqu'à la ceinture, comme une stèle. La composition ne cherche pas l'action, elle cherche le monument, ou plutôt la ruine du monument. Le bleu domine, un bleu de nuit froid, presque monochrome,
qui écrase toute chaleur, sauf en bas à gauche où couve un foyer d'étincelles,
seule trace de combustion, seul souvenir d'un feu qui a dû être un massacre.
Deux flèches traînent au sol, brisées ou abandonnées, pointées vers le hors-champ.
Le cuir est craquelé, rapiécé, cousu à la hâte ; la corde qui ceint l'avant-bras remplace le gantelet héroïque par un pansement de fortune.
Puis le nom, HUGH JACKMAN, en lettres blanches sobres, seule promesse
de reconnaissance qu'on nous accorde, puisque le visage nous est refusé.
Et le titre : ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS, empilé en trois blocs,
ROBIN / DES / BOIS écrasés les uns sur les autres comme un nom qu'on démonte pierre par pierre. Le verbe est à l'imparfait, « on l'appelait »,un temps du récit,
du souvenir, du disparu. On n'annonce pas un héros. On enterre une légende.
Au centre, une phrase gravée plus qu'écrite :
LA FIN DU MYTHE.
Typographie capitale, espacée, dépouillée, une épitaphe.
Elle ne vend pas un film, elle annonce un deuil.
de reconnaissance qu'on nous accorde, puisque le visage nous est refusé.
Et le titre : ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS, empilé en trois blocs,
ROBIN / DES / BOIS écrasés les uns sur les autres comme un nom qu'on démonte pierre par pierre. Le verbe est à l'imparfait, « on l'appelait »,un temps du récit,
du souvenir, du disparu. On n'annonce pas un héros. On enterre une légende.
Ce que l'affiche tient et ce qu'elle risque
Le pari est risqué et parfaitement assumé : vendre un visage qu'on ne montre pas, un genre (le film de cape et d'épée) qu'on prive de son geste signature,
le tir à l'arc glorieux, une légende qu'on affiche seulement pour mieux la corriger.
Le nom de Jackman porte seul la promesse commerciale ; le reste de l'image travaille contre le mythe qu'il incarne d'ordinaire, le héros solaire, l'homme rédimé d'avance. Ici, aucune rédemption n'est offerte en vitrine : juste une silhouette qui pourrait être n'importe quel vieillard vaincu.
Le dossier de presse confirme que l'affiche ne bluffe pas.
Michael Sarnoski (PIG, SANS UN BRUIT : JOUR 1) est sans détour :
« Cette image de héros le hante car il est bien conscient, au fond de lui,
qu'il n'a jamais été héroïque. »
Le scénariste-réalisateur bâtit son film sur l'inversion d'une ballade médiévale méconnue où la prieure, traditionnellement dépeinte en traîtresse,
devient la figure de grâce, et Robin, le monstre qu'elle recueille et soigne.
L'affiche traduit cette thèse avec une fidélité rare : l'absence de visage, le bleu funèbre, le titre démembré, la flèche à terre, rien n'annonce un film d'aventures, tout annonce une confession.
Le dossier de presse confirme que l'affiche ne bluffe pas.
Michael Sarnoski (PIG, SANS UN BRUIT : JOUR 1) est sans détour :
« Cette image de héros le hante car il est bien conscient, au fond de lui,
qu'il n'a jamais été héroïque. »
Le scénariste-réalisateur bâtit son film sur l'inversion d'une ballade médiévale méconnue où la prieure, traditionnellement dépeinte en traîtresse,
devient la figure de grâce, et Robin, le monstre qu'elle recueille et soigne.
L'affiche traduit cette thèse avec une fidélité rare : l'absence de visage, le bleu funèbre, le titre démembré, la flèche à terre, rien n'annonce un film d'aventures, tout annonce une confession.
rarement une affiche de sortie estivale grand public aura autant assumé de contredire les codes de son propre genre. Reste à voir, salle obscure faite, si le film tient
cette promesse d'austérité jusqu'au bout, ce sera l'objet d'une prochaine critique.
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| © A24 • © Metropolitan FilmExport |
Fiche technique
Réalisation : Michael Sarnoski Scénario : Michael Sarnoski Avec : Hugh Jackman (Robin des Bois), Jodie Comer (Sœur Brigid), Bill Skarsgård (Petit Jean), Murray Bartlett (Le Lépreux), Noah Jupe (Arthur), Faith Delaney (La petite Margaret) Producteurs : Aaron Ryder, Andrew Swett, Alexander Black, Hugh Jackman
Image : Pat Scola • Musique : Jim Ghedi • Durée : 2h01 •
Distribution : Metropolitan FilmExport / A24 Sortie : 1er juillet 2026
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| © A24 • © Metropolitan FilmExport |
Le film, vu
Les premières scènes tiennent la promesse du bleu et de la boue de l'affiche : montagnes, rochers, neige, brouillard, une photographie qui sublime la violence plutôt qu'elle ne la maquille. Jim Ghedi signe une partition à l'avenant : crépusculaire, brute, épurée, viscérale et terreuse, aux accents celtes. Il renonce aux orchestrations épiques au profit de textures minimalistes, de lamentations de cordes, de complaintes folkloriques austères qu'il interprète lui-même, guitare et voix. La musique évolue avec le récit vers une dimension plus spirituelle et lumineuse, la harpe apparaît
à mesure que Robin s'apaise. Ghedi y reprend un titre existant,
« The Lamentations of Round Oak Waters » (2021), et arrange un air traditionnel irlandais, « What Will Become of England » (source : Cinezik).
Reste une question que l'affiche ne résout pas et que le film laisse ouverte :
Reste une question que l'affiche ne résout pas et que le film laisse ouverte :
quelle est la motivation réelle de Sarnoski à déconstruire ainsi le mythe de Robin
des Bois et de Petit Jean ? Le dossier de presse invoque la fascination du cinéaste
pour une ballade médiévale méconnue sur la mort du hors-la-loi.
Le film, lui, laisse flotter autre chose en filigrane, presque malgré lui : une île recluse, une infirmière ou une prieure qui pratique une forme de saignée rituelle adossée
à un geste d'arts martiaux, le tir à l'arc, où la flèche devient un rite de passage
vers l'autre côté. Difficile, en 2026, de ne pas y lire un écho, volontaire ou non,
au débat français sur la fin de vie et l'euthanasie.
Verdict de l'"Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art," le film vu : de la prestation de Hugh Jackman, du scénario, que restera-t-il ? Rien, ou presque, pour deux heures de film. L'affiche, elle, aura tenu sa promesse, mieux, en tout cas, que le film ne tient pas la sienne.
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