Opera Gallery Paris • Gustavo Nazareno • Exposition "Comment faire pousser une fleur à partir d'une supernova" • 26 juin – 15 juillet 2026 • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art • Peinture · Portrait · Paris · Juillet 2026
![]() Gustavo Nazareno · Opera Gallery Paris · Juillet 2026 © Gérard Pocquet • Ainsi Parlait l'Art |
Peinture · Portrait · Paris · Juillet 2026
Gustavo Nazareno
Comment faire pousser une fleur à partir d'une supernova
Opera Gallery Paris · 62 rue du Faubourg Saint-Honoré · 26 juin – 15 juillet 2026
Il y a des rencontres qu'on ne prévoit pas. Ce matin de juillet, j'entre dans la Galerie Opéra pour voir l'exposition de Gustavo Nazareno. Sa première exposition personnelle en France. Je ne m'attendais pas à le trouver là. Il est debout devant l'une de ses toiles, simplement, tee-shirt sans manches, pantalon beige, claquettes. Il accepte la photo sans hésiter. Cette simplicité dit quelque chose sur lui.
Ce que l'œil perçoit en premier : la taille des formats. Le soin porté au traité du mouvement, à la grâce des visages et des postures. L'harmonie et la confrontation des couleurs, dans la recherche d'un noir absolu où émerge le spectre de la lumière. On ne regarde pas ces tableaux. On les reçoit.
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| Neptune 2026 • Oil on linen • Huile sur lin Signed and dated "GUSN 2026" on the reverse • 150 x 150 cm • 59 x 59 in Provenance Artist' studio |
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Gustavo Nazareno est né en 1994 à Três Pontas, Minas Gerais, au Brésil. Autodidacte. À onze ans, il découvre la mode sur un ordinateur ; il copie les couvertures de Vogue Italia, étudie Raphaël via un documentaire de la BBC, lit Edgar Allan Poe pour comprendre une collection de McQueen. Pendant onze ans, il forme son œil. Pas encore sa main.
En 2017, il a vingt-trois ans. Déprimé, sans perspective dans sa ville natale. Sa tante, praticante de l'Umbanda, religion afro-brésilienne, lui dit de tout quitter pour São Paulo. À son arrivée, le prêtre du terreiro lui commande sept portraits des Orixás. Il n'a jamais tenu un pinceau.
« C'était comme si je l'avais su toute ma vie. Dès que je suis arrivé, j'ai rencontré l'art, qui a été ma guérison. »
Son processus est précis. Tout commence par l'écriture, une fable, une ambiance, parfois juste une phrase. Ensuite les esquisses. Puis il habille de ses propres mains un mannequin en bois de trente centimètres. Il éclaire à la bougie. Modèle les rochers en argile. Et seulement alors, il peint. « La peinture est la partie la plus rapide. C'est le résultat. »
Au cœur de l'exposition : Pomba Gira, entité féminine du Candomblé, religion qu'il pratique. Associée à la beauté, à la séduction, à l'autonomie. Elle a, selon la tradition orale, sept maris. Nazareno en a fait sept mariées en fuite. « Ce sont elles, mes Naomi, Debra Shaw, Grace Jones. Je leur fais porter une garde-robe que j'ai créée pour elles. »
Le vêtement, ici, n'est pas un ornement. C'est un langage. Un code hiérarchique. Dans le Candomblé, on reconnaît la divinité à ce qu'elle porte, le jaune et l'or pour Oshún, le vert pour Oshosi, le rouge pour Exu. « On connaît la tradition à travers les couleurs. » Nazareno transpose ce code dans un vocabulaire où Caravage croise McQueen, où le baroque brésilien dialogue avec la haute couture parisienne.
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| Vega from the Passages series 2025* Charcoal on paper • Fusain sur papier • 40 X 30 cm • 15,7 x 11,8 in Signed and dated "GUSN 2025" on the reverse Provenance Artist's studio |
Cette exposition marque une rupture dans son œuvre. Pour la première fois, l'astrophysique entre dans ses tableaux. Il a lu un article sur Bételgeuse, étoile géante vouée à exploser dans 100 000 ans, et l'idée qu'il pourrait assister à cette explosion depuis la Terre l'a ému. Il a lu la théorie de la relativité, et a immédiatement fait le lien avec Exu comme principe du mouvement, avec les traditions orales de ses ancêtres. « Tout est lié. »
Les titres des toiles disent ce basculement cosmologique mieux que n'importe quel commentaire. Minutes before Jupiter Saves Earth from a Comet. Only if Pluto Could Talk to Neptune. You Wouldn't Believe How Pluto Moves. Time and Order in Collapse. Ce ne sont pas des titres de tableaux. Ce sont des phrases d'une langue que Nazareno invente, où les planètes sont des forces divines et les Orixás des lois physiques.
Les figures, elles, restent secondaires. « C'est comme s'ils étaient là pour vous montrer les vêtements, pour bouger pour vous, pour jouer un rôle devant vous. On devient presque un détail derrière les vêtements. » Les robes deviennent des paysages, des nuages, des voiles célestes. Les corps disparaissent dans la matière qu'ils portent.
Ce qu'il veut que le spectateur emporte :
Pas eux. Nous.
— Maisie Skidmore, Painter Gustavo Nazareno brings Afro-Brazilian deities to life, WePresent / WeTransfer, janvier 2026
— Vidéo de présentation Afro-Latin Baroque, Opera Gallery Miami, 2025
— Vidéo atelier Vila Mariana, São Paulo, 2025
— Visite et rencontre avec Gustavo Nazareno, Opera Gallery Paris, juillet 2026
— Photographies © Gérard Pocquet — Ainsi Parlait l'Art
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