đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • L'INVITATION • Un film d'Olivia Wilde • SĂ©lection officielle Sundance 2026 • GĂ©rard l'a vu • Ainsi parlait L'Ćil Ă©coute, Ainsi Parlait l'Art
L'INVITATION.
Un film d'Olivia Wilde — SĂ©lection officielle Sundance 2026
L'affiche a parlĂ©. L'Ćil Ă©coute.
« On devrait toujours ĂȘtre amoureux.
Un huis clos dans un appartement. Une piÚce de théùtre cinématographique rondement menée par quatre acteurs de bonne facture. Sous la comédie, le mal de vivre, un couple qui s'aime et ne se touche plus.
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I. Premier regard
L'affiche est une scÚne de salon. Quatre personnes assises autour d'une table basse chargée de nourriture, plateau de charcuterie, fromages, raisins, verres, une bouteille de vin à moitié vide. Une chaude lumiÚre. Tout dit l'intimité domestique, l'apéro-dßner qui commence bien.
Deux couples. Une table. Des regards qui ne vont pas tout Ă fait dans la bonne direction. En bas, la tagline dit tout en six mots : DEUX COUPLES. UNE SOIRĂE QUI DĂRAPE.
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II. Lecture des signes
L'affiche est construite sur un paradoxe dĂ©libĂ©rĂ© : tout y est confortable, chaleureux, ordinaire. Pourtant, quelque chose ne va pas. La nourriture est abondante. La lumiĂšre est douce. Les vĂȘtements sont dĂ©contractĂ©s. Ce sont des gens normaux dans un appartement normal. PrĂ©cisĂ©ment, cette normalitĂ© inquiĂšte, car la tagline dit "dĂ©rape".
Les quatre noms en haut du format, Seth Rogen en vert, Olivia Wilde en bleu, PenĂ©lope Cruz en jaune, Edward Norton en rose, sont Ă©crits en quatre couleurs diffĂ©rentes. Ce n'est pas une typographie dĂ©corative, c'est une façon de dire que ces quatre personnes ne forment pas un groupe homogĂšne. Ils sont dans la mĂȘme piĂšce mais dans des registres diffĂ©rents.
La main d'Edward Norton sur l'épaule de Penélope Cruz est le détail le plus parlant de l'affiche. Posée, pas enroulée, pas caressante. Ce geste de contrÎle dit plus que l'amour.
Le point final dans L'Invitation. Le point typographique, un signe graphique rare sur une affiche de cinéma. Il nomme la clÎture, quelque chose d'irrévocable. Une invitation dont on ne revient pas tout à fait comme on est venu.
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III. Le film et l'affiche
Le film est adapté de Los Vecinos de Arriba, piÚce espagnole de 2016, portée à l'écran dans Sentimental (2021) de Cesc Gay, depuis en France, en Italie et en Corée.
Will McCormack et Rashida Jones en ont développé une version américaine. Olivia Wilde, d'abord approchée pour un rÎle d'actrice, a finalement accepté de réaliser, et de jouer Angela, convaincue par ses trois partenaires qui lui ont signifié à l'unanimité que le rÎle lui revenait.
La réalisatrice s'est inspirée du cinéma de Mike Nichols, Qui a peur de Virginia Woolf ? Pour orchestrer l'alternance entre rapprochement et conflit. Tournage en 21 jours, dans l'ordre chronologique, en 35 mm, sur un décor unique conçu par Jade Healy représentant un appartement labyrinthique. Une septiÚme présence a influencé le scénario : Esther Perel, psychothérapeute et autrice, que Wilde décrit comme "un oracle" sur les relations humaines.
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IV. L'Ćil de GĂ©rard • aprĂšs la sĂ©ance
C'est un huis clos dans un appartement, une piÚce de théùtre cinématographique rondement menée par un casting malicieux. Quatre acteurs de bonne facture dans un espace unique, avec tout ce que cela exige de précision, de tempo et d'intelligence du jeu.
Le film commence par un couple qui se prend la tĂȘte, Seth Rogen et Olivia Wilde, pour un dĂźner improvisĂ©. Ils parlent tellement vite entre eux que les sous-titres passent sans qu'on ait le temps de les lire. Ces deux-lĂ ont le langage de la dispute rodĂ©e, celui des couples qui savent exactement oĂč blesser et qui ne s'en privent pas.
Arrivent les voisins, Edward Norton et PenĂ©lope Cruz, Piña, thĂ©rapeute, a des orgasmes Ă rĂ©veiller un rĂ©giment, dus Ă des relations sexuelles de forte intensitĂ© avec Hawk, ainsi qu'avec d'autres partenaires, masculins comme fĂ©minins. Deux ĂȘtres libres, dĂ©complexĂ©s, solaires. Deux anges bienveillants venus de l'appartement du dessus, reprĂ©sentant les petites voix intĂ©rieures de Seth Rogen et Olivia Wilde, le couple d'en bas, ont Ă©touffĂ© depuis longtemps.
Car c'est là le vrai sujet du film. Joe et Angela s'aiment. Mais ils n'ont plus de relations sexuelles depuis un an. Seth Rogen, mari en mal de vivre, qui se sous-estime, qui se dévalorise, alors que sa famille le respecte. Olivia Wilde, sa femme, en manque d'étreintes, d'amour physique, alors qu'elle l'aime et l'estime. La comédie est le véhicule de la souffrance, celle-ci en est le sujet.
Wilde cite Phoebe Waller-Bridge : "Les gens ne sont jamais aussi vulnérables que lorsqu'ils rigolent." Le film en est la démonstration.
Le verdict de l'Ćil : Presse AllocinĂ© 3,6 • Spectateurs 3,3 • Une soirĂ©e fantasque, un huis clos bien tenu, un casting malicieux. Ă voir
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La musique • DevontĂ© Hynes
La partition originale est signée Devonté Hynes, radicale dans ses choix, précise dans ses effets. Pour matérialiser la tension palpable de cette soirée étouffante, Hynes s'écarte des conventions hollywoodiennes en optant pour une partition monophonique exclusivement centrée sur le violoncelle solo. Un seul instrument, tendu comme les nerfs des personnages, doublant leurs actions et leurs disputes, s'insérant dans les silences que les mots ne remplissent pas.
Ces cordes transforment un simple dĂźner en jeu de vĂ©ritĂ© cruel, jusqu'au moment oĂč le violoncelle entonne l'air de Carmen de Bizet, surgissement inattendu qui dit en une phrase musicale tout ce que les personnages ont passĂ© la soirĂ©e Ă taire. Par ailleurs, un air de piano-jazz associĂ© au personnage de Joe ouvre et conclut le film, proposĂ© dans sa version chantĂ©e par Fabienne Delsol, parenthĂšse douce autour d'une soirĂ©e qui ne l'est pas.
Source musicale : Cinezik.org • Critique de la musique originale de L'Invitation • © Cinezik.
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V. Post & Podcast
Ce que cette affiche dit en un mot : Tension. Pas la tension du thriller d'action; celle du dĂźner qui commence bien et finit mal. Celle des silences entre les phrases, des regards qui durent une seconde de trop, des gestes qui disent autre chose que ce qu'ils semblent dire.
Oscar Wilde en exergue, la piÚce espagnole en origine, Mike Nichols en modÚle, Esther Perel en oracle, L'Invitation est un film qui se sait héritier d'une tradition précise. Ce n'est pas un film sur le polyamour ni sur la crise du couple; c'est un film sur ce qu'on cache derriÚre la politesse du dßner, et sur ce qui arrive quand quelqu'un décide de ne plus se taire.
DEUX COUPLES. UNE SOIRĂE QUI DĂRAPE. Et un point final au titre. L'invitation est lancĂ©e, le retour n'est pas garanti.
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Fiche technique
Réalisation : Olivia Wilde
Scénario : Will McCormack & Rashida Jones
D'aprĂšs Los Vecinos de Arriba de Cesc Gay (piĂšce, 2016) et Sentimental (2021)
Avec : Seth Rogen (Joe), Olivia Wilde (Angela), Penélope Cruz (Piña), Edward Norton (Hawk)
Musique originale : DevontĂ© Hynes (violoncelle solo) — chanson : Fabienne Delsol
Chef-décoratrice : Jade Healy
Notes AllocinĂ© : Presse 3,6 — Spectateurs 3,3
Sélection officielle Sundance 2026
Au cinéma le 16 septembre 2026
Distribution : Maverick / Filmnation
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L'Ćil Ă©coute.
Ainsi Parlait l'Art.
Gérard Pocquet.




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