đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • L'affiche de RESIDENT EVIL • RĂ©alisĂ© par Zach Cregger • METROPOLITAN FILMS • đ️ L'Ćil Ă©coute • Ainsi Parlait l'Art
L'Affiche a parlĂ© · GĂ©rard l'a vu · Ainsi parlait l'art
RESIDENT EVIL
L'affiche de la forĂȘt enneigĂ©e : l'instant oĂč la route glisse
Une route forestiĂšre sous la neige, des phares, dans le faisceau une forme qui ne devrait pas ĂȘtre lĂ . C'est l'affiche retenue par Metropolitan Filmexport. Celle qui donne l'ambiance du film et installe le personnage dans l'horreur.
RĂ©alisation : Zach Cregger · Avec : Austin Abrams, Zach Cherry, Kali Reis, Paul Walter Hauser
En salles : 16 septembre 2026 · AllocinĂ© : presse 3,8 · spectateurs 3,8
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Premier regard
Ce que l'on voit. Une route enneigée vue d'en haut, presque à la verticale, bordée de sapins noirs chargés de neige. En bas, une voiture sombre vue de dessus : ses phares projettent un cÎne blanc éblouissant, ses feux arriÚre rougissent la neige derriÚre elle. Plus haut, dans le faisceau, une silhouette démesurément étirée, dont l'extrémité basse, une petite forme tachée de rouge, flotte devant le véhicule. Ombre portée ou corps dressé ? On ne sait pas, et c'est précisément le trouble.
Plans et cadrage. Une plongĂ©e totale. La forĂȘt est en plan d'ensemble, la voiture et la silhouette sont nettes, les arbres s'enfoncent dans l'ombre. Le cadrage est strictement axial et symĂ©trique : la voiture au tiers infĂ©rieur, la silhouette au centre haut, et entre les deux un grand vide blanc, l'espace du choc. La verticale de la route domine ; les obliques du faisceau et des orniĂšres dessinent un entonnoir qui part de la voiture et monte vers la silhouette.
Couleurs et lumiĂšre. Noir bleutĂ©, blanc de la neige Ă©clairĂ©e, rouge des feux, qui gagnent le bas de l'image, les sapins et la base du titre. Une palette froide, avec une seule chaleur, celle du sang ou du freinage. La lumiĂšre est nocturne, extĂ©rieure, dirigĂ©e et sa source est dans le cadre : les phares. Les feux rouges annoncent que la voiture freine : l'affiche est un arrĂȘt sur image.
Le personnage et le texte. Une seule silhouette, sans visage, qui ne regarde personne. Le conducteur reste invisible, et nous, depuis le ciel, voyons ce qu'il ne verra que de face. En tĂȘte, en rouge : « Par le rĂ©alisateur d’ĂVANOUIS et BARBARE ». En bas, le titre en lettres pĂąles et rongĂ©es qui rougissent vers le bas, puis « Exclusivement au cinĂ©ma / Le 16 septembre » et les logos Metropolitan Filmexport, Davis Films, Constantin Film. Le texte occupe environ un huitiĂšme de la surface ; pas de phrase d'accroche, l'image suffit.
Verdict. L'affiche donne envie, et elle est rĂ©ussie : une idĂ©e, un instant, lisible Ă vingt mĂštres. Elle dit le genre sans montrer un seul monstre, et le doute (ombre ou corps ?) retient le regard. L'affiche allemande, d'aprĂšs le dossier de presse, reprend la mĂȘme image : c'est bien l'image-pivot de la campagne. Seule rĂ©serve : elle ne dit rien du jeu, ni de l'humour du film.
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AprĂšs la projection
L'affiche tient sa promesse dĂšs la premiĂšre scĂšne. Sur la route enneigĂ©e, la voiture file ; un corps de femme se dresse devant elle ; le vĂ©hicule glisse, faute de pneus neige, et le choc advient. Tout l'effroi, toute la construction du rĂŽle d'Austin Abrams s'installent lĂ : un homme ordinaire, au volant, la passagĂšre Ă ses cĂŽtĂ©s, saisi par l'horreur et qui riposte par des reparties sarcastiques. L'affiche est l'arrĂȘt sur image de cet instant, juste avant le crissement.
Austin Abrams porte magnifiquement le film. Une mise en scÚne rondement menée, des effets spéciaux à vous faire sauter ou vous enfoncer dans le fauteuil, et parfois des rires qui fusent malgré le tragique. Presse et spectateurs ne se sont pas trompés : le plaisir cinématographique était au rendez-vous.
Ainsi Parlait l'Art.
Gérard Pocquet.
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