Kawita Vatanajyankur • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art • Tracing • PERFORMANCE VIDÉO • 6 juin – 25 juillet 2026 • Nova Contemporary, Bangkok • 10 e anniversaire • En parallèle : Yuz Museum Shanghai

Ce que l'image montre
Six cases en grille 3×2 • la mise en page est déjà l'œuvre : elle mime le casier à œufs industriel. Dans chaque case, un visage renversé, tête en bas, fond bleu électrique saturé. 
Les œufs tombent, se brisent. La progression est documentée séquence, après séquence, comme des photogrammes d'une chaîne de production.

Issue de la série Machinized, cette vidéo de moins de trois minutes illustre avec précision 
la démarche de « performance d'endurance » de l'artiste. Son corps se positionne pour recevoir des œufs qui tombent, imitant le comportement d'un casier d'emballage dans une usine alimentaire industrielle. Une surface réceptrice passive, plane, immobile, réduite à une fonction.
Le fond bleu électrique emprunte aux codes du Pop Art et du télé-achat, cheval de Troie esthétique qui attire le regard par la légèreté burlesque pour mieux révéler la pénibilité réelle. L'œuf, symbole de fertilité et de fragilité, est traité comme une marchandise ultra-standardisée. Le corps devient un rouage. Le visage recouvert de jaune d'œuf, masque de notre soumission aux normes de consommation, et de la réification des femmes dans une société patriarcale et capitaliste.

Kawita Vatanajyankur @ Inspiracje 2014
https://www.youtube.com/watch?v=VXELnhd_rq4

Il y a des pratiques artistiques qui posent une question au monde et ne la lâchent plus. 
Celle de Kawita Vatanajyankur en est une. Depuis dix ans, l'artiste thaïlandaise utilise 
son propre corps comme instrument d'investigation, corps-outil, corps-machine, 
corps-mémoire. Tracing trace l'arc complet de cette décennie.

Nova Contemporary présente Tracing, une exposition personnelle de vidéo-performances marquant à la fois le dixième anniversaire de la galerie et une décennie de collaboration
avec l'artiste. Elle réunit des œuvres fondatrices sur le travail, le pouvoir et les systèmes capitalistes, et des pièces récentes qui convoquent l'intelligence artificielle pour explorer
le deuil et la mémoire familiale. Organisée en parallèle d'une grande solo au Yuz Museum
de Shanghai, signal d'une reconnaissance internationale désormais établie.

My Mother and (A)I, 2025 • La mémoire à l'épreuve du deuil et de l'intelligence artificielle

Ce que l'image montre et que le texte ne dit pas

Fond rouge ocre profond. Un sol de cendres tourbillonnantes mêlées à l'eau, spirales qui ne se figent pas. Une femme en robe blanche tient une longue perche diagonale. L'artiste, quasi nue, maintenue par des cordes, corps horizontal au-dessus des cendres, tête effleurant le sol. 
La tension physique entre les deux corps dit tout : le deuil comme force opposée 
à la pesanteur. La mémoire comme corde qui retient le disparu dans le champ du vivant.


Le titre joue sur un double sens fondamental : My Mother and I / AI, brouillant les frontières entre le sujet qui se souvient et la machine qui simule la mémoire. La cendre est le sol même de l'œuvre : rituel bouddhiste de la crémation, perte irréversible, ce qui subsiste. 
Mêlée à l'eau en spirales, elle ne se fige pas, le deuil en mouvement, qui ne se résout pas.

L'IA n'est pas visible à l'image. Elle opère en amont, dans la genèse, invisible à l'œil, présente dans la conception. Ce n'est pas un dispositif spectaculaire. C'est une présence organisatrice, avant que l'œuvre commence.
La durée, 9 min 44 s contre 2 min 58 s pour Egg Rack, est un geste en soi : 
le temps du souvenir, de la reconstitution fragmentaire. Là où Machinized imposait la vitesse et la répétition mécanique, My Mother and (A)I impose la lenteur et la suspension.


L'Œil écoute, Ainsi Parlait L'Art


Cinquante ans dans le non-dit développent une perméabilité particulière, on devient sensible aux attitudes, aux réactions, à ce que la voix laisse échapper malgré elle. Le corps émet. 
Ce n'est pas une lecture : on reçoit des fragments. Une attitude, une réaction, l'inflexion 
d'un mot prononcé.

Devant Egg Rack, ce qui parvient n'est pas d'abord un discours sur le capitalisme. 
C'est une attitude du corps, la tête renversée, les yeux fermés, la passivité absolue d'un visage qui reçoit sans pouvoir refuser. Quelque chose dans cette posture précède l'interprétation. 
Elle arrive avant que le sens soit formulé.
Devant My Mother and (A)I, ce qui parvient c'est la tension des cordes, cette résistance physique entre deux corps, l'un debout, l'autre horizontal. Une réaction que le corps de l'artiste émet sans la formuler : je suis retenue, ou peut-être je retiens. Les deux simultanément. 
C'est là que l'œuvre est grande, elle émet sans trancher. C'est nous qui interprétons. 
Et chaque interprétation en dit autant sur celui qui regarde que sur ce qui est montré.

Kawita Vatanajyankur émet. Elle ne nous traduit pas.

Ce que trace Tracing

Du corps-outil au corps-mémoire. Du bleu électrique au rouge ocre des cendres.
Du capitalisme au deuil. Dix ans, et la même question qui creuse : que reste-t-il
de notre humanité lorsque nos corps sont traversés par les systèmes qui nous organisent, 
qu'ils soient industriels, algorithmiques, ou funèbres ? Une artiste
au sommet de sa pratique, pour une exposition incontournable de l'été 2026.
Gérard Pocquet

Galerie

Nova Contemporary

Adresse

86 Si Phraya Road, Bangkok

Vernissage

Sam. 6 juin · 17h–20h

Exposition

6 juin – 25 juillet 2026


L'Art Universel • L'Art Sacré • L'Art Singulier d'Ici et d'Ailleurs
Gérard Pocquet Ainsi Parlait l'Art
ainsiparlaitlart@proton.me
@ainsiparlaitlart_gerardpocquet


Kawita Vatanajyankur • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art • Tracing • PERFORMANCE VIDÉO • 6 juin – 25 juillet 2026 • Nova Contemporary, Bangkok • 10 e anniversaire • En parallèle : Yuz Museum Shanghai
Pour en savoir plus : Le lien est dans la Bio
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com
#ainsiparlaitlart #art #peinture #culture



 

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