đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • ABUSER DU POUVOIR • HUNGER GAMES : LEVER DE SOLEIL SUR LA MOISSON • RĂ©alisĂ© par : Francis LAWRENCE • METROPOLITAN FILM • Press Release Ainsi Parlait l' Art
Abuser du pouvoir : quand le Capitole pose pour la photo
La deuxiĂšme affiche de Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson passe du cĂŽtĂ© du Capitole. Elle rĂ©pond Ă « DĂ©fier le pouvoir », dĂ©jĂ traitĂ©e ici : lĂ oĂč la premiĂšre portait la rĂ©volte, celle-ci montre ceux qui l'Ă©crasent, en majestĂ© et en costumes de gala.
Ce que l'Ćil voit d'abord
Un crĂ©puscule violet, des traĂźnĂ©es de fumĂ©e jaune et pourpre dans le ciel, des oiseaux roses qui s'envolent, un stade plein Ă craquer. Une fĂȘte foraine Ă l'Ă©chelle d'un empire. Au centre, l'inscription ABUSER DU POUVOIR est composĂ©e de lettres blanches trĂšs espacĂ©es, presque timides, posĂ©es Ă hauteur de gants. La formule se lit Ă la fois comme une mise en garde et comme un programme.
La composition : un cortĂšge de profils
Cinq silhouettes sont étagées en diagonale, du fond vers l'avant-scÚne. Toutes regardent hors champ, jamais vers nous. C'est le premier effet de l'affiche : le pouvoir ne croise pas le regard du spectateur, il contemple son propre spectacle.
- Au premier plan, à droite : le président Snow (Ralph Fiennes). Cheveux argentés, long manteau rouge à col d'astrakan sombre, gants de cuir noir, boutons dorés gravés d'un emblÚme. à la boutonniÚre, la rose blanche, sa signature. Il tient ses mains jointes, immobile. Le pouvoir, chez lui, ne s'agite pas.
- Au centre: Drusilla Sickle (Glenn Close). Carmin de la tĂȘte aux gants : manches ballon, collerette de mailles, Ă©charpe violette Ă cocarde, jupe-cage rouge bordĂ©e de glands, plume d'autruche Ă©carlate dans une coiffure de boucles blondes. Le corps est une architecture, la silhouette une cage dorĂ©e retournĂ©e en parure.
- Entre eux, en retrait : Plutarch Heavensbee (Jesse Plemons). VĂȘtu de noir, la main Ă la moustache, il est le seul Ă sembler rĂ©flĂ©chir. PlacĂ© entre le sommet du pouvoir et sa dame flamboyante, il observe, ce qui convient Ă celui qui, dans la saga, joue toujours plusieurs coups d'avance.
- à gauche, derriÚre elle : Caesar Flickerman (Kieran Culkin). Veste bleu nuit brodée de motifs dorés, cheveux lissés, moustache fine. C'est le costume d'un présentateur, celui qui transforme la mort en divertissement, à moitié caché comme le maßtre de cérémonie qui attend son entrée.
- Ă l'extrĂȘme gauche : Effie Trinket (Elle Fanning). Redingote vert sombre, foulard Ă motifs fleuris, ceinture en cuir, diadĂšme Ă©tincelant sur des boucles blondes. Elle est la seule Ă sourire, doucement, presque mondaine. Sa lĂ©gĂšretĂ© de façade la rend la plus troublante : elle est lĂ pour la fĂȘte.
Une hiérarchie en escalier
La diagonale dessine une échelle du pouvoir. En bas à droite, le président, seul et immobile. Au centre, la dame en rouge occupe l'espace. DerriÚre eux, le stratÚge à la main pensive. Le présentateur, en coulisse, et la jeune femme au sourire, tournée vers la lumiÚre. Plus on s'éloigne du président, plus le costume se pare de couleurs et de fantaisie : l'apparat croßt à mesure que le pouvoir réel diminue.
La couleur comme discours
Le rouge domine, celui du sang, du velours et du protocole. Deux figures le portent : le prĂ©sident, sobre et gantĂ© de cuir, et Drusilla Sickle, exubĂ©rante et emplumĂ©e. Le mĂȘme rouge, deux maniĂšres d'exercer le pouvoir : l'un le tient en silence, l'autre le met en scĂšne. Le violet enveloppe le ciel et le stade, couleur de cour, de pĂ©nombre et d'artifice. Les traĂźnĂ©es jaunes Ă©voquent le feu d'artifice, la cĂ©lĂ©bration. Au pied des personnages, un tapis de lupins mauves fait une prairie de carte postale.
Tout est beau, et cette beauté est le vrai piÚge de l'image : un stade en liesse, des aéronefs dorés qui dessinent des arabesques, alors que le film parle de moisson, de sacrifice.
Le costume, langage du pouvoir
On pense Ă Versailles avant la RĂ©volution : perruques, paniers, plumes, redingotes. Le Capitole s'habille en Ancien RĂ©gime futuriste, ce qui revient Ă dire qu'il en a la logique : privilĂšges, spectacle, indiffĂ©rence. Cet hĂ©ritage visuel est un vĂ©ritable commentaire sur le pouvoir. La rose blanche du prĂ©sident relie l'image Ă la saga, comme un parfum qui masque autre chose. Et le titre du film prend ici tout son sens : une « Expiation » est un rituel de punition collective, que l'affiche habille en cĂ©rĂ©monie mondaine.
Le film, en deux mots
Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson se dĂ©roule vingt-quatre ans avant le premier film. Le jeune Haymitch Abernathy est tirĂ© au sort pour les 50á” Hunger Games, la « DeuxiĂšme Expiation », organisĂ©e tous les vingt-cinq ans selon des rĂšgles aggravĂ©es : chaque district doit envoyer deux fois plus de tributs qu'Ă l'ordinaire, pour un affrontement Ă mort dans l'arĂšne. Le scĂ©nario de Billy Ray adapte le roman de Suzanne Collins, paru en 2025. C'est le deuxiĂšme prĂ©quel de la saga et son sixiĂšme volet au cinĂ©ma.
Réalisation : Francis Lawrence
Habitants du Capitole : Ralph Fiennes (le président Coriolanus Snow), Jesse Plemons (Plutarch Heavensbee), Glenn Close (Drusilla Sickle), Kieran Culkin (Caesar Flickerman), Elle Fanning (Effie Trinket).
Ăgalement Ă l'affiche : Maya Hawke, Mckenna Grace.
En salles et en IMAX le 18 novembre (Lionsgate / Metropolitan Filmexport).
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/09/laffiche-parle-hunger-games-lever-de.html
Le mot de l'Ćil Ă©coute
Cette affiche met en scĂšne le pouvoir sans jamais le montrer en action. Personne ne frappe, ne menace, ne crie : on assiste Ă une contemplation collective. L'abus de pouvoir n'y est pas une violence visible mais une esthĂ©tique. Le mot d'ordre du poster est celui de tous les rĂ©gimes : rendre le pire sĂ©duisant. C'est peut-ĂȘtre lĂ que rĂ©side sa force.
Rendez-vous le 18 novembre dans les salles.
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