XIPPAS PARIS • GALLERIA CONTINUA • Leandro Erlich • Entre temps 12.09.26 → 14.11.26 • Classroom, 2017 Vue de l’installation : “Leandro Erlich: Seeing and Believing”, Mori Art Museum, Tokyo, 2017 Photo : Hasegawa Kenta • Press Release

Leandro Erlich • Classroom, 2017 Vue de l’installation : “Leandro Erlich: Seeing and Believing”,
Mori Art Museum, Tokyo, 2017 Photo : Hasegawa Kenta Courtesy Mori Art Museum

La galerie Xippas, en partenariat avec GALLERIA CONTINUA, est heureuse de présenter pour la première fois en France, Classroom, une installation de l’artiste argentin Leandro Erlich, dans l’espace parisien de la galerie Xippas. À la suite de son exposition au Grand Palais, Leandro Erlich investit l’espace de la galerie avec un ensemble d’œuvres dont certaines sont inédites. L’exposition s’ouvre sur une maison suspendue: Pulled by the roots BOG. Nos racines, nos ancrages, voilà qui pourraient être les fils conducteurs de cette exposition qui se poursuit avec une série d’œuvres intitulée Draft-Bazza : différents modèles de machines à écrire recouverts de sable et fissurés, présentés sous cloches, comme tout juste retrouvés. Tels des vestiges fragiles d’une autre époque, enfouis sous le sable, ils renvoient à un temps révolu, celui d’avant le numérique, où la communication était plus lente et les modes de travail différents. Enfouis, ces machines convoquent la mémoire d’une génération tout en faisant écho à une société d’aujourd’hui, nous invitant à nous interroger sur ce que nous sommes devenus. Ces œuvres accompagnent le visiteur, à la fois physiquement et mentalement, jusqu’à l’installation suivante : Classroom. Plongé dans l’obscurité, il découvre, à travers une large vitre, une salle de classe des années 1970 reconstituée à l’échelle 1:1. Bureaux, chaises, tableau, cartes du monde, armoire - tout y est. Les murs décrépis portent les marques du temps, les vitres semblent embuées, les meubles et le sol par endroits tachés sont recouverts  d’une fine couche de poussière. L’espace paraît abandonné, figé dans le temps, et marqué par le passage des années. 

Mais le visiteur ne se trouve pas simplement face à un “site” archéologique : il est littéralement projeté dans la pièce. Par de subtils effets de lumière, son reflet, fantomatique et presque irréel, apparaît à l’intérieur de l’espace. Les silhouettes des autres visiteurs se mêlent à la sienne, comme si elles se trouvaient de l’autre côté, assises aux bureaux de la salle de classe. Présence contemporaine venue hanter cette salle de classe abandonnée, le spectateur n’est plus un simple observateur : il devient ce que Fabrice Bousteau a qualifié de “spect-acteur”*. 

Si l’installation suggère une forme de nostalgie, elle peut également troubler. Le miroir ne reflète pas une réalité, mais transporte les adultes que nous sommes dans une situation propre à l’enfance. Nos souvenirs d’école refont surface dans une expérience à la fois intime et collective. Les fantômes que nous incarnons dans la classe nous invitent à réfléchir aux trajectoires qui nous ont conduits aux adultes que nous sommes aujourd’hui. 

Plus largement, l’installation questionne l’éducation et la place de celle-ci dans une société française où la baisse de la natalité s’accompagne de nombreuses fermetures de classes. L’école apparaît alors non seulement comme un lieu d’apprentissage des savoirs, mais aussi comme un espace de sociabilisation où se construit le rapport aux autres. 

Dans cette installation comme dans l’ensemble de son travail, Leandro Erlich s’approprie des situations de la vie quotidienne. Grâce à l’usage du trompe-l’œil, des miroirs et des doubles fonds, il bouleverse notre perception du réel en transformant le banal en un espace insolite et incertain. Fasciné par l’infini, il construit des dispositifs où le sujet observé est sans cesse renversé, ouvrant une dimension imaginaire et intemporelle aux frontières instables, et invitant le public à une expérience immersive, à la fois unique et collective. 

À propos de l'artiste

Leandro Erlich est né à Buenos Aires, Argentine, en 1973. Il vit et travaille entre Buenos Aires, l’Uruguay et Paris. 

Leandro Erlich a participé à la Biennale du Whitney en 2000 et a représenté l’Argentine à la 49e  Biennale de Venise (2001) avec son installation Swimming Pool, œuvre qui lui a valu une reconnaissance internationale. Aujourd’hui, cette installation fait partie de la collection permanente du Musée d’art contemporain du XXIe  siècle de Kanazawa, au Japon (aux côtés d’Infinite Staircase), ainsi que du Musée Voorlinden, aux Pays-Bas. 

Il a reçu le Prix UNESCO (Istanbul, 2001), le Premio Leonardo (Musée national des Beaux-Arts, Buenos Aires, 2000) ainsi qu’une distinction du Fondo Nacional de las Artes (Buenos Aires, 1992). En 2006, il a été nommé au Prix Marcel Duchamp. En 2017, il a reçu le Roy Neuberger Award. 

Parmi ses expositions récentes figurent Amos Rex à Helsinki (2025-2026), Weightless au Kunstmuseum en Allemagne (2025), Oltre la Soglia au Palazzo Reale de Milan, Liminal au Pérez Art Museum de Miami (2022), l’exposition itinérante A Tensão au Brésil, Seeing is not Believing au Museum of Fine Arts de Houston (2022), ainsi que Bâtiment sur Nodeul Island, à Séoul, en Corée du Sud (2022). 

Ses installations permanentes sont visibles dans le monde entier, notamment Concrete Coral pour The ReefLine à Miami, La carte, à l’ombre de la ville à Bordeaux (France), ou encore The laundry - Little Shop on the Island au Japon, parmi d’autres. 

Les œuvres de Leandro Erlich figurent également dans les collections publiques de nombreuses instotutions prestigieuses, parmi lesquelles le Centre Pompidou (France), le Museum of Fine Arts de Houston (Etats-Unis), la Tate Modern (Londres, Royaume-Uni), le Museo d’Arte Contemporanea di Roma (Italie) et le Musée Voorlinden de Wassenaar (Pays-Bas). 

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12.09.26 → 14.11.26 • Classroom, 2017 Vue de l’installation: “Leandro Erlich: Seeing and Believing”, Mori Art Museum, Tokyo, 2017 Photo: Hasegawa Kenta • Press Release
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