đŹ L'AFFICHE A PARLĂ • "KARMA" un film de Guillaume CANET • Festival de Cannes 2026 • Hors CompĂ©tition • Sortie le 21 octobre 2026 • Ainsi Parlait l' Art interpellĂ©
Avec Marion Cotillard, Denis Ménochet, Leonardo Sbaraglia
• Festival de Cannes 2026 • Hors CompĂ©tition • Sortie en salle le 21 octobre 2026
Une femme. Seule. De profil. Elle ne regarde pas vers nous — elle regarde vers le bas, vers l'intĂ©rieur. Ses cheveux bougent lĂ©gĂšrement, comme si un souffle invisible la traversait. Le fond est presque blanc, une lumiĂšre douce et sourde, sans horizon dĂ©fini. Et sur elle, ou plutĂŽt Ă travers elle, cinq lettres : K · A · R · M · A.
L'affiche ne crie pas. Elle retient. C'est une affiche qui respire par le silence.
Phase II • Lecture des signes, la sĂ©miologie
La figure centrale. Marion Cotillard occupe le centre absolu de l'image, mais de trois quarts dos, refusant le face-à -face. Ce n'est pas une star que l'on exhibe : c'est une présence
La figure centrale. Marion Cotillard occupe le centre absolu de l'image, mais de trois quarts dos, refusant le face-à -face. Ce n'est pas une star que l'on exhibe : c'est une présence
que l'on devine. Le profil perdu est une posture de fuite intérieure. Elle est là et déjà ailleurs.
La lumiÚre. Une auréole dorée, chaude, rayonne derriÚre sa nuque, comme une brûlure
La lumiÚre. Une auréole dorée, chaude, rayonne derriÚre sa nuque, comme une brûlure
ou une grùce inversée. Ce halo n'éclaire pas le visage ; il lÚche la nuque, signe ambigu :
est-ce une lumiĂšre qui la poursuit, ou qu'elle fuit ? Dans la tradition picturale,
le nimbe signifie la sainteté. Ici, il est trouble. Il ne couronne pas, il marque.
La palette. Ocre, brun, crĂšme, beige. Des tons de terre et de cendre. Aucun bleu froid,
La palette. Ocre, brun, crĂšme, beige. Des tons de terre et de cendre. Aucun bleu froid,
aucun rouge violent. Le danger, dans cette affiche, est tiÚde. Il vient de l'intérieur,
pas du dehors.
Le titre superposé. KARMA est inscrit sur le corps de la femme, les lettres ne flottent pas devant elle, elles semblent surgir d'elle, comme si c'était elle qui portait le mot, la notion,
Le titre superposé. KARMA est inscrit sur le corps de la femme, les lettres ne flottent pas devant elle, elles semblent surgir d'elle, comme si c'était elle qui portait le mot, la notion,
le poids. Ce dispositif typographique est une métaphore visuelle : Jeanne est son karma.
La typographie. Grandes lettres sérifées blanches, élégantes, presque classiques. Pas de thriller nerveux à la fonte noire. La sérénité formelle est trompeuse, c'est du velours sur du fer.
On remarquera la discrétion calculée du troisiÚme nom : Leonardo Sbaraglia, au crédit
La typographie. Grandes lettres sérifées blanches, élégantes, presque classiques. Pas de thriller nerveux à la fonte noire. La sérénité formelle est trompeuse, c'est du velours sur du fer.
On remarquera la discrétion calculée du troisiÚme nom : Leonardo Sbaraglia, au crédit
mais absent de l'image. Il surgira dans le film. Il est ce que Jeanne fuit sans le savoir encore.
Phase III • Ce que l'image dit, ce qu'elle tait
Le film raconte Jeanne, qui tente de reconstruire sa vie dans un village du nord de l'Espagne avec Daniel, lequel ignore tout de son passĂ© trouble. Quand son filleul de six ans disparaĂźt mystĂ©rieusement, Jeanne, rapidement soupçonnĂ©e par la police, se rĂ©fugie en France dans la communautĂ© religieuse oĂč elle a grandi et qu'elle avait fuie.
Le film raconte Jeanne, qui tente de reconstruire sa vie dans un village du nord de l'Espagne avec Daniel, lequel ignore tout de son passĂ© trouble. Quand son filleul de six ans disparaĂźt mystĂ©rieusement, Jeanne, rapidement soupçonnĂ©e par la police, se rĂ©fugie en France dans la communautĂ© religieuse oĂč elle a grandi et qu'elle avait fuie.
L'affiche ne dit rien de tout cela. Elle efface délibérément la disparition de l'enfant, la cavale, la traque policiÚre, la communauté. Elle efface toute dramaturgie narrative pour ne retenir qu'une seule chose : une femme habitée par une dette invisible. Le karma comme cicatrice,
pas comme fait divers.
Ce retour au thriller vingt ans aprĂšs Ne le dis Ă personne se lit aussi dans les choix formels : sobre, atmosphĂ©rique, suspendue. LĂ oĂč l'autre affiche jouait sur la tension visuelle, le lac, le corps dans l'eau, Karma choisit l'Ă©vaporation. La menace n'a pas de forme.
Elle a une texture.
Il ressent d'abord la solitude de cette femme. Il y a quelque chose de presque douloureux
dans cette nuque exposée, dans cette lumiÚre qui brûle sans réchauffer.
Le corps de Cotillard est ici sans séduction, sans artifice, habillé de brun ordinaire.
Le corps de Cotillard est ici sans séduction, sans artifice, habillé de brun ordinaire.
C'est le corps d'une femme ordinaire portant un destin extraordinaire.
Il observe la construction. L'affiche fait le pari rare du dépouillement.
à l'heure des affiches-mosaïques et des compositions surchargées, choisir une seule figure,
un fond nu, une lumiÚre unique, c'est un acte esthétique fort.
On pense à certaines affiches des années 70, à Chinatown de Polanski, à cette tradition
oĂč la star porte le film plutĂŽt qu'elle ne le vend.
Il s'arrĂȘte sur le halo derriĂšre la nuque. Chez Andrei Roublev, le nimbe identifie le saint. Ici, il est dĂ©placĂ© — il n'Ă©claire pas le visage mais la nuque, la partie aveugle de soi,
ce qu'on ne peut voir de soi-mĂȘme. C'est lĂ que rĂ©side la mĂ©taphore profonde de cette affiche :
Le karma, c'est ce qu'on ne peut pas regarder en face en soi.
Jeanne regarde vers le bas — jamais vers ce qui la suit.
đŹ L'affiche a parlĂ© · GĂ©rard l'a vu · Ainsi parlait l'art
Dans un village au nord de l’Espagne, Jeanne tente de reconstruire sa vie avec Daniel, qui ne connaĂźt rien de son passĂ© trouble. Un jour, Mateo, le filleul de Jeanne ĂągĂ© de six ans, disparaĂźt mystĂ©rieusement… Afin d’Ă©chapper Ă la police qui la soupçonne rapidement, Jeanne se rĂ©fugie en France dans la communautĂ© oĂč elle est nĂ©e et qu’elle a fuie quelques annĂ©es auparavant. Daniel ne croit pas Ă la culpabilitĂ© de la femme qu’il aime et va tout faire pour la retrouver avant la police.
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RELATIONS PRESSE
MAJORELLE Anne Hommel ahommel@majorelle-pr.fr
Guillaume Ancelin gancelin@majorelle-pr.fr
Gaétan Duret gduret@majorelle-pr.fr
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Guillaume Ancelin gancelin@majorelle-pr.fr
Gaétan Duret gduret@majorelle-pr.fr
Source, Capture d'écran et remerciements:
https://www.festival-cannes.com/f/karma/
https://www.unifrance.org/film/62797/karma
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