Ainsi Parlait • L' Arbre planté à l' envers • Alessandro Trambaioli, sculpteur, Arps Gesine, peintre, et le secret du baobab • Press Release
ARTGALLERY PONTNEUF
de Saint-Antoine de Saint-Exupéry, les cèdres du Liban, les chênes-liège des Landes,
- qui ont tout déclenché.
Il y a des œuvres qui ne se contentent pas d'être belles. Il y en a qui posent une question,
et qui ne vous lâchent pas tant que vous n'avez pas cherché la réponse.
C'est ce qu'a fait cette sculpture. Devant elle, dans la galerie ARTGALLERY PONTNEUF
aux murs de pierre de taille, j'ai senti quelque chose basculer —
pas seulement l'émerveillement devant la matière, devant l'or liquide emprisonné
dans le verre, devant les branches tordues qui s'élancent vers le plafond comme des doigts cherchant à saisir le ciel.
Quelque chose de plus dérangeant : la certitude que cet arbre me demandait de le comprendre.
C'est lui — ce baobab de Murano, né des mains d'Alessandro Trambaioli,
inspiré par les peintures d'Arps Gesine — qui a lancé toute la recherche que vous lirez bientôt. Les drapeaux à arbres. Van Gogh et ses oliviers. Mondrian et ses pommiers zélandais. Klimt
et son Arbre de Vie en spirales d'or. Tout est parti de là, de ce tronc d'ambre
et de ces branches renversées. L'art, quand il est juste, ne décore pas — il interroge.
L'arbre planté à l'envers
Commençons par ce que la sculpture dit avant même qu'on la touche.
Le texte qui accompagne l'œuvre parle de branches inversées, de racines qui plongeraient
et de ces branches renversées. L'art, quand il est juste, ne décore pas — il interroge.
L'arbre planté à l'envers
Commençons par ce que la sculpture dit avant même qu'on la touche.
Le texte qui accompagne l'œuvre parle de branches inversées, de racines qui plongeraient
dans les nuages, de secrets conservés dans le silence du désert. Ce n'est pas de la poésie libre. C'est la description botanique exacte d'un arbre réel : le baobab (Adansonia digitata), que les peuples d'Afrique subsaharienne appellent depuis des millénaires l'arbre planté à l'envers.
Le baobab a deux particularités physiques que Trambaioli a coulées dans le verre avec une précision de naturaliste. La première : son tronc renflé, gigantesque, qui peut atteindre neuf mètres de diamètre et stocker jusqu'à cent vingt mille litres d'eau dans sa pulpe spongieuse.
Le baobab a deux particularités physiques que Trambaioli a coulées dans le verre avec une précision de naturaliste. La première : son tronc renflé, gigantesque, qui peut atteindre neuf mètres de diamètre et stocker jusqu'à cent vingt mille litres d'eau dans sa pulpe spongieuse.
Ce tronc est une citerne vivante — un organe de survie dans l'aridité. Trambaioli l'a traduit dans le verre d'ambre, gonflé, transparent, lumineux de l'intérieur. Le doré du verre dit ce que le bois dit dans la réalité : la vie est là-dedans, stockée, préservée, prête.
La seconde : en saison sèche, quand le baobab a perdu toutes ses feuilles, ses branches épaisses à la base et effilées aux extrémités ressemblent si précisément à des racines aériennes que personne ne peut s'y tromper. Un arbre sorti de terre, retourné, replongé dans le ciel.
La seconde : en saison sèche, quand le baobab a perdu toutes ses feuilles, ses branches épaisses à la base et effilées aux extrémités ressemblent si précisément à des racines aériennes que personne ne peut s'y tromper. Un arbre sorti de terre, retourné, replongé dans le ciel.
La légende sénégalaise dit que Dieu, las de son orgueil, l'arracha et le replanta tête en bas.
La légende bushman dit que l'hyène, créature du désordre, le planta à rebours par malice.
La légende arabe dit que le diable, chassé du paradis, l'emporta avec lui et le ficha dans le sol la couronne en bas.
Toutes ces cultures, séparées par des millénaires et des milliers de kilomètres, ont vu la même chose : un arbre qui semble venir d'ailleurs, d'un monde inversé, d'un espace où les lois ordinaires de la croissance ne s'appliquent pas.
Toutes ces cultures, séparées par des millénaires et des milliers de kilomètres, ont vu la même chose : un arbre qui semble venir d'ailleurs, d'un monde inversé, d'un espace où les lois ordinaires de la croissance ne s'appliquent pas.
L'arbre inversé : une image universelle du sacré
Ce renversement botanique a rejoint l'une des figures les plus constantes de l'imaginaire spirituel humain — si constante qu'elle surgit dans des traditions qui n'ont jamais eu
le moindre contact entre elles.
Dans la Katha Upanishad, composée au VIe siècle avant notre ère : « Ses racines sont en haut,
ses branches en bas — tel est l'Ashvattha éternel. " L'arbre cosmique hindou pousse à rebours du monde sensible, sa source est divine, non terrestre.
Dans la Katha Upanishad, composée au VIe siècle avant notre ère : « Ses racines sont en haut,
ses branches en bas — tel est l'Ashvattha éternel. " L'arbre cosmique hindou pousse à rebours du monde sensible, sa source est divine, non terrestre.
Le divin irrigue par le haut ; le bas est l'aboutissement, non l'origine.
Dans la Kabbale juive, l'Etz Chaim — l'Arbre de Vie — est représenté avec Kether,
Dans la Kabbale juive, l'Etz Chaim — l'Arbre de Vie — est représenté avec Kether,
la couronne divine, au sommet, et les racines qui descendent vers le monde matériel.
L'énergie créatrice coule du haut vers le bas, du céleste vers le terrestre.
Dans le Paradiso de Dante, l'arbre de l'Empire a ses racines dans le ciel.
Trambaioli n'a pas eu besoin de connaître ces textes. Il a travaillé un arbre qui les illustre physiquement — et l'intuition des peuples qui ont nommé le baobab planté à l'envers rejoint, sans médiation savante, les intuitions de quelques-unes des traditions spirituelles
Dans le Paradiso de Dante, l'arbre de l'Empire a ses racines dans le ciel.
Trambaioli n'a pas eu besoin de connaître ces textes. Il a travaillé un arbre qui les illustre physiquement — et l'intuition des peuples qui ont nommé le baobab planté à l'envers rejoint, sans médiation savante, les intuitions de quelques-unes des traditions spirituelles
les plus sophistiquées que l'humanité ait produites. C'est ce que fait l'art quand il touche juste : il retrouve, par la matière, des vérités que la philosophie a formulées par les mots.
en mouvement.
Vers 1620, dans les ateliers de la famille Miotti à Murano, un apprenti — ou peut-être
un maître distrait, les versions diffèrent — renversa accidentellement de la limaille de cuivre dans un creuset de verre en fusion. Ce qui aurait pu être une perte devint, sous les yeux
de celui qui l'observait refroidir, quelque chose d'inédit : un verre traversé de milliers d'éclats dorés, comme si une nuit étoilée avait été capturée dans une matière solide.
L'avventurina était née. Son nom vient d'avventura — la fortune, le hasard. La République
de Venise en fit immédiatement un secret d'État : les maîtres verriers de Murano n'avaient pas le droit de quitter l'île sous peine de mort. L'avventurina demeura un monopole vénitien pendant plus d'un siècle.
Son paradoxe est total : il faut une maîtrise absolue pour reproduire un accident.
La température de refroidissement, la concentration des cristaux de cuivre, la durée du recuit — tout doit être contrôlé avec une précision horlogère pour que le hasard originel se répète, identique, dans chaque nouvelle pièce. L'artiste ne crée pas les étoiles : il crée les conditions pour qu'elles apparaissent. Il prépare l'accident. Il tend un piège au beau.
Dans le tronc de la sculpture de Trambaioli, ces cristaux suspendus dans le verre,couleur ambre, bougent avec la lumière. Chaque déplacement du regard, chaque variation
de l'éclairage dans la galerie, fait migrer les étincelles. Le tronc respire, comme dit le texte — et ce n'est pas une métaphore : c'est optique. La sculpture vit différemment selon l'heure et l'angle. Elle n'est jamais tout à fait la même.
Les nuits du Sahel, vues depuis un baobab millénaire dans la savane, ressemblent à ça.
Le verre, le feu, le hasard — la technique Avventurina
L'Arbre de Vie (détail du tronc). Verre de Murano, technique avventurina.
Les cristaux de cuivre en suspension créent dans le tronc des galaxies intérieures en mouvement.
Vers 1620, dans les ateliers de la famille Miotti à Murano, un apprenti — ou peut-être
un maître distrait, les versions diffèrent — renversa accidentellement de la limaille de cuivre dans un creuset de verre en fusion. Ce qui aurait pu être une perte devint, sous les yeux
de celui qui l'observait refroidir, quelque chose d'inédit : un verre traversé de milliers d'éclats dorés, comme si une nuit étoilée avait été capturée dans une matière solide.
L'avventurina était née. Son nom vient d'avventura — la fortune, le hasard. La République
de Venise en fit immédiatement un secret d'État : les maîtres verriers de Murano n'avaient pas le droit de quitter l'île sous peine de mort. L'avventurina demeura un monopole vénitien pendant plus d'un siècle.
Son paradoxe est total : il faut une maîtrise absolue pour reproduire un accident.
La température de refroidissement, la concentration des cristaux de cuivre, la durée du recuit — tout doit être contrôlé avec une précision horlogère pour que le hasard originel se répète, identique, dans chaque nouvelle pièce. L'artiste ne crée pas les étoiles : il crée les conditions pour qu'elles apparaissent. Il prépare l'accident. Il tend un piège au beau.
Dans le tronc de la sculpture de Trambaioli, ces cristaux suspendus dans le verre,couleur ambre, bougent avec la lumière. Chaque déplacement du regard, chaque variation
de l'éclairage dans la galerie, fait migrer les étincelles. Le tronc respire, comme dit le texte — et ce n'est pas une métaphore : c'est optique. La sculpture vit différemment selon l'heure et l'angle. Elle n'est jamais tout à fait la même.
Les nuits du Sahel, vues depuis un baobab millénaire dans la savane, ressemblent à ça.
Gesine et l'arbre habité
Regardez maintenant la deuxième photographie à droite, avec une attention différente.
Derrière la sculpture, légèrement en retrait, une toile. Bleus profonds, verts lumineux, jaunes solaires — une forêt qui est aussi une ville, une cité qui pousse comme une forêt. Des arbres aux troncs jaunes,
un cyprès élancé au centre, des silhouettes humaines minuscules entre les frondaisons, des colombes blanches au sol. C'est une œuvre de Gesine Arps.
Ce n'est pas un hasard si ces deux œuvres se retrouvent dans le même espace, devant les mêmes murs
de pierre. Gesine peint les arbres comme d'autres peintres peignent les portraits — avec la conviction
que l'arbre regarde, qu'il porte, qu'il est habité. Dans chacune de ses toiles, les arbres ne constituent pas
le fond. Ils tiennent la composition. Les hommes et les oiseaux vivent dans leurs marges.
Ce dialogue silencieux entre la sculpture et la toile — entre le baobab de verre d'or de Trambaioli
et la forêt lumineuse de Gesine — dit quelque chose qu'aucun des deux artistes n'aurait peut-être dit seul : l'arbre est le sujet permanent. L'arbre est ce que les artistes regardent quand ils regardent le monde.
Pas comme décor, pas comme symbole rhétorique à placer en arrière-plan — mais comme présence première, comme ce qui est là avant nous et restera après.
Ce que le sculpteur m'a donné
Alessandro Trambaioli a soufflé un baobab dans le verre de Murano. Il m'a donné,
sans le savoir, une question qui a duré des semaines : pourquoi les arbres reviennent-ils
si obstinément dans l'art ? Pourquoi onze pays les mettent-ils sur leurs drapeaux ?
Pourquoi Van Gogh a-t-il peint quatorze oliviers en six mois, pourquoi Mondrian a-t-il eu besoin d'un pommier pour inventer l'abstraction, pourquoi Klimt a-t-il couvert la salle
à manger du Palais Stoclet d'un arbre en spirales d'or ?
La réponse que cette sculpture suggère est plus simple que toutes les analyses — et plus vraie. Le tronc d'avventurina de Trambaioli la dit en lumière : l'arbre contient quelque chose.
La réponse que cette sculpture suggère est plus simple que toutes les analyses — et plus vraie. Le tronc d'avventurina de Trambaioli la dit en lumière : l'arbre contient quelque chose.
De l'eau, pour le baobab réel, jusqu'à cent vingt mille litres. Des étoiles, pour ce baobab
de verre. Du temps, pour les deux — le baobab vit jusqu'à trois mille ans, et l'avventurina fabriquée en 1620 brille encore aujourd'hui dans les collections du monde entier.
Ce que l'arbre contient, en art comme dans la nature, c'est la durée.
Ce que l'arbre contient, en art comme dans la nature, c'est la durée.
La preuve que quelque chose a tenu.
Peut-être est-ce pour cela que les peintres y reviennent, que les nations les hissent
Peut-être est-ce pour cela que les peintres y reviennent, que les nations les hissent
sur leurs drapeaux, que les sculpteurs les coulent dans le verre et le bronze.
Non, pour faire joli. Pour se rappeler, et nous rappeler, que sous la surface visible des choses — sous l'écorce, sous la peinture, sous l'or du verre — il y a quelque chose d'ancien,
de patient et d'indestructible.
NOTE ÉDITORIALE — LABELS ET MOTS-CLÉS ════════════════════════════════════════════════════════════#Alessandro Trambaioli #Gésine #Verre de Murano -#Avventurina - #Baobab #Arbre de Vie #Sculpture #Art contemporain #Symbole / Symbolique
Gérard — Ainsi Parlait l'Art
Source, capture d'écran et remerciements : ARTGALLERY PONTNEUF
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2025/06/french-word-english-word-artiste_14.html
| www.gesine-arps.com |
https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2026/05/fr-en-baobab-sculpture-precieuse-par.html
NOTE ÉDITORIALE — LABELS ET MOTS-CLÉS ════════════════════════════════════════════════════════════#Alessandro Trambaioli #Gésine #Verre de Murano -#Avventurina - #Baobab #Arbre de Vie #Sculpture #Art contemporain #Symbole / Symbolique
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