Maïa Barouh & Mitsune au Yōkai Matsuri • La Petite Halle de La Villette • Paris 19e • Mitsune • Yōkai Matsuri 31 mai 2026 • L' Œil écoute, Ainsi parlait l'art

31 mai 2026 • Première soirée Maïa Barouh
& Mitsune au Yōkai Matsuri
La Petite Halle de La Villette — Paris 19e
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I.  Maïa Barouh lance la cérémonie

Maïa Barouh, dont le portrait a paru ici même il y a quelques jours, est montée sur la scène de La Petite Halle de La Villette à 19h30 pour inaugurer son festival. Le Yōkai Matsuri. L'Étrange Festival Japonais.

Tout ce que le portrait avait annoncé était là : la flûte traversière, la voix venue d'une île du Sud du Japon, la transe qui commence doucement et ne vous lâche plus. 
Le public de tous âges, beaucoup de costumes dans la salle, s'est tu, immédiatement. 
Ce silence-là, au début d'un concert, dit tout.

La salle de La Petite Halle n'est pas le Zénith. Elle est faite pour que la musique touche 
les corps, que l'on sente les fréquences basses dans la poitrine, que l'on voie de près 
les musiciens, que l'on soit, au sens propre, dans la cérémonie. 
C'est exactement ce que Maïa Barouh avait voulu en choisissant ce lieu.

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II.  Mitsune — le folklore comme transe


Puis, Mitsune est entré sur scène. Quatre musiciens de Berlin : Japon, Australie, Grèce, Allemagne, réunis autour d'un instrument que l'Occident ne sait pas encore vraiment regarder : le Tsugaru shamisen, luth japonais à trois cordes, jadis joué par les musiciens itinérants et les artistes non-voyants de l'archipel. 


Ce soir, il passe par des pédales de guitare, il est amplifié, électrisé,il reste ce qu'il a toujours été : une pulsation primale.
Le tableau qu'ils forment sur scène est saisissant. Les deux shamisenistes, Shiomi Kawaguchi et Youka Snell, s'agenouillent sur les planches, instruments levés. Daigo Nakai, le bassiste, 
se dresse derrière elles. C'est la hiérarchie inversée des cérémonies japonaises : 
c'est le geste au sol qui commande, c'est la posture basse qui porte la puissance.


Leur musique oscille sur une seule note racine, D, D, D, D, obstinée, hypnotique. Pas de changements d'accords, pas de résolution harmonique rassurante. Juste la pulsation qui revient, qui s'amplifie, qui finit par modifier l'état de conscience de la salle. Ce n'est pas une métaphore : c'est ce qui s'est passé ce soir-là, à La Petite Halle, dans ce parc que les lanternes rouges avaient transformé pour la nuit.

III.  Ce que les costumes disent


Il faut parler des corps, Mitsune est autant un art visuel qu'un art sonore. Shiomi porte un kimono éclaté, rouge, vert, jaune, noir, motifs floraux qui ne ressemblent à aucun kimono traditionnel, à aucun costume de rock occidental. 
C'est un vêtement-manifeste, hybridité, il dit le refus du choix, il dit Hazama, l'entre-deux.

Sur son visage : des spirales rouges peintes qui ressemblent à des flammes. 


Sur celui de Youka : les mêmes tracés, différemment posés. Une fumée bleue s'échappe des pédales d'effets et s'enroule autour des musiciens comme un esprit convoqué. Dans le fond, les lanternes blanches et rouges du matsuri. La scène ressemble à une peinture d'Utamaro traversée par un éclair de Basquiat.

« Quelqu'un a décrit un jour notre musique comme 'primale'. Il y a des cris, beaucoup d'émotion. C'est droit au cœur. »
— Shiomi Kawaguchi, Mitsune

IV. Hazama — le mot qui traverse tout

Il y a six mois, le 21 novembre 2025, Mitsune jouait au Zénith de Paris, à quelques centaines de mètres d'ici, dans ce même Parc de la Villette, en première partie d'Irène Drésel. 
Six mille deux cents spectateurs. Ce concert était décrit ainsi : « son live prenant alors des allures de cérémonie païenne ». La tête d'affiche était de cérémonie. Et Mitsune l'ouvrait. Six mois plus tard, dans le même parc, Mitsune n'ouvre plus rien : ils sont la cérémonie. Et c'est Maïa Barouh qui leur a passé le témoin. Le titre de leur deuxième album dit tout : Hazama, l'entre-deux. Le sentiment d'être en suspens entre deux mondes. C'est aussi le mot qui définit la soirée entière : entre le Zénith et La Petite Halle, entre Berlin et Tokyo, entre la tradition et le psychédélique, entre le matsuri ancestral et le festival parisien du 19e. Ce soir-là, à La Villette, tout vivait dans l'entre-deux.

🎴  Yōkai Matsuri — Prochaines soirées

28 juin 2026 — Maïa Barouh + Àlek & Les Japonaises (BE/JP)
28 juillet 2026 — Maïa Barouh + Seppuku Pistols (JP)

La Petite Halle de La Villette — 211 av. Jean Jaurès, Paris 19e — 11h00 – 0h00
www.yokaimatsuri.com

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L'œil écoute. Il a regardé ce soir quatre musiciens offrir, dans un bâtiment industriel du 19e arrondissement, ce que les temples japonais ont toujours su faire : transformer la salle en espace sacré. Pas par la grandeur. Par la précision du geste, la tenue du costume, la répétition de la note, la fumée qui monte.

Les yōkai étaient dans la salle. Ils y sont toujours, quand on sait les voir.


31 mai 2026  |  Photos : © Gérard / Ainsi Parlait l'Art`` #YokaiMatsuri #Mitsune #MaïaBarouh #Shamisen #Berlin #Japon #LaVillette #AinsiParlaitLart #GerardPocquet

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Gérard Pocquet Ainsi Parlait l'Art
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