Thaddaeus Ropac Paris Pantin · Erwin Wurm · Exposition " Tomorrow: Yes" · School · Box people • Gallery Photo • Press Release
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| Blurred Memory : Uncle Bazooka, 2025 Bronze, acrylic paint 160 x 80 x 56 cm (62,99 x 31,5 x 17,72 in)
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L'exposition présentera également une sélection des One Minute Sculptures de Wurm,
dont l'angle temporel et participatif incarne l'approche provocatrice et critique de l'artiste envers la sculpture. Commencées en 1996, ses œuvres intègrent des objets du quotidien
qui invitent les visiteurs à des interactions brèves mais stimulantes avec des chapeaux,
une bouteille ou un verre à shot. Les visiteurs peuvent même activer un pull Issey Miyake
en l'enfilant, à l'instar des One Minute Sculptures présentées lors du défilé de la collection automne/hiver 2025-26 de Miyake inspirée par Wurm, au Carrousel du Louvre à Paris
en mars 2025. Héritière du concept de sculpture sociale de Joseph Beuys, cette série transforme les visiteurs en véritables participants, déstabilisant ainsi les modes traditionnels d'interaction avec l'art. Dans ces sculptures vivantes éphémères,
les visiteurs complètent l'œuvre, devenant un site temporaire pour l'exploration par Wurm
de la forme, de la pensée et de la croyance en la mutation.
Erwin Wurm, Deputy (Box People), 2025 Marbre. 181 × 47 × 42 cm (71.26 × 18.5 × 16.54 in) |
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de Wurm, « parlent des êtres humains, mais sans les êtres humains ». Les Box People (2009–présent) – des formes cubiques vêtues d’habits formels mais dépourvues de tête – interrogent
la condition humaine et le rôle de l’individu dans les conditions sociales, politiques
et environnementales du monde contemporain. Le thème de l’habillement, qui a joué un rôle important au début de la carrière de Wurm, est à nouveau au cœur de son travail récent.
Dans les nouvelles œuvres de sa série Substitutes (2022–présent), les vêtements apparaissent sous la forme de coquilles vides, jamais portés – comme si leurs propriétaires les avaient soudainement abandonnés – à partir desquels des formes sculpturales sont moulées.
La plupart des Substitutes exposés sont moulés en aluminium et recouverts d’une
ou deux couches de peinture acrylique aux tons vifs. D’autres sont en bronze ou en marbre : des matériaux solides qui contrastent avec la fragilité des vêtements fantomatiques.
« En tant que sculpteur, je m’intéresse à l’idée de la peau comme frontière », explique Wurm. « Les vêtements sont notre seconde peau, une coquille qui sépare notre corps du monde extérieur ». Les tenues dégonflées – cols et capuches béants, bas qui gisent sur le sol –
nous rappellent que les vêtements sont un matériau sculptural à part entière, modifiant
notre perception de ce qu’ils renferment et façonnant même de nouveaux volumes.
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du xix° siècle de l'école locale du village de Wurm. Dans son intérieur étriqué et bas
de plafond, les murs sont tapissés d'affiches anciennes qui retracent des leçons enseignées autrefois dans les écoles françaises et désormais considérées comme dépassées.
L'intérieur exigu de l'école, avec ses chaises compactes et son petit tableau,
suscite un sentiment de claustrophobie chez les visiteurs qui entrent, imitant le caractère restrictif de l'enseignement du passé et nous encourageant ainsi à réexaminer les croyances incontestées que nous avons aujourd'hui. « School traite de la masse sculpturale du savoir
et de son évolution au fil des décennies », explique Wurm. « Mon intention est d'évoquer
que si nous ne savons pas reconnaître nos perversions actuelles, peut-être les verrons-nous clairement dans 50 ou 100 ans. » La version française de School, réalisée spécialement
pour Thaddaeus Ropac Paris Pantin, fait suite aux versions autrichienne et japonaise, présentées lors de la rétrospective de l'artiste à l'Albertina, Vienne (2024),
au Marmorschlöss| Bad Ischl (2025) et au Towada Art Center (2025).
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School 2024 Mixed Media 375 x 785 x 147 cm (147,64 x 309,06 x 57,87 in)
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Il s'intéresse aux bâtiments que nous habitons comme une seconde peau que nous portons.
Son œuvre School, à l'échelle réduite, offre également un regard autoréférentiel
sur le fonctionnement de la sculpture. Faisant référence au processus de moulage,
il parle de « moulage négatif »: l'empreinte négative d'un système éducatif, d'un réservoir
de connaissances et d'esprits qu'il forme. Comme l'écrit le philosophe et essayiste Konrad Paul Liessmann à propos du travail de Wurm :
« Les absurdités de l'esthétique renvoient à la réalité des absurdités. Ce n'est pas l'œuvre qui est paradoxale, mais la réalité qu'elle prend systématiquement au pied de la lettre. »




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