700 heures, c'est le temps que j'ai consacré à l'écriture — textes et musiques —, la préparation et l'enregistrement de cet album, mon 18ème tout de même ! Pendant trois semaines l'été dernier, où l'idée de retourner en studio me taraudait, rien… le néant… puis soudain, ma muse m'a rendu visite et a suffisamment astiqué mes neurones valides et le reste pour faire jaillir 18 chansons. Certaines gisent au Cimetière des Chansons abandonnées, d'autres ont survécu. A mon âge, je ne peux plus guère chanter comme antan les premiers baisers acnéiques, les pin-ups en bikini et les Ford Mustang ; le monde d'aujourd'hui, effarant souvent, réjouissant rarement, offre une déflagration quotidienne à laquelle je ne peux échapper, source de mon inspiration. Cependant, je n'oublie jamais de saupoudrer de quelques grains poivrés d'humour. On ne se refait pas !
Musicalement, vous serez de mon avis : ce qu'on entend aujourd'hui repose principalement sur des guitares plus ou moins saturées ou arpégées qui grattent des accords convenus sur lesquels s'expriment des chanteurs sans âme. Ce n'est pas ma démarche. Je pars de motifs musicaux que je développe, en m'attachant avant tout aux mélodies, que je souhaite — même si parfois alambiquées—, fluides et mémorisables. Quant aux textes, la musique des mots m'habite. Pour la production et les arrangements, on retrouve mes marottes : des sons inhabituels, des instruments inusités — la harpe, la batterie Simmons, le Solina ou autre synthé vintage, les cordes etc. —, des modulations que j'affectionne, tout cela afin de tenter de surprendre, de faire hausser les sourcils, de rester créatif, de me renouveler. Il est rare que 2 couplets soient du copier/coller.
L'album se présente sous la forme de 2 EP : "C'est mieux que si c'était pire", plutôt enjoué, et "C'est pire que si c'était mieux" ou l'horizon s'obscurcit nettement. Grâce soit rendue à tous les musiciens qui m'ont apporté leur talent et leur complicité chaleureuse, et à tous ceux qui me soutiennent encore.
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