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# 21 • La Tour RED, ou Korçë vue d'en haut • Albanie • Extrait: Carnet de voyage d' Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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La Tour RED, ou Korçë vue d'en haut Au pied du boulevard piéton Shën-Gjergji, une tour de béton brut de 33 mètres domine la place du Théâtre, sobre jusqu'à l'austérité, un simple parallélépipède blanc percé de fenêtres irrégulières, sauf tout en haut, où une loggia rouge vif porte,  en lettres capitales, le mot « RED ». D'où son nom d'usage, la Tour Rouge,  qui a fini par éclipser son nom officiel de Tour Panoramique (Kulla Panoramike). Construite en 2014, elle est signée du même architecte allemand que le Musée national d'art médiéval déjà longuement visité dans ce carnet.  Une filiation qui explique la parenté de vocabulaire : même sobriété de béton,  même goût pour les volumes anguleux presque fortifiés, la même manière de refuser tout pittoresque de façade pour miser sur l'effet de masse. Contrairement au musée,  la tour n'a pas de vocation patrimoniale : c'est un pur belvédère, sans autre fonction que d'offrir, moyennant 50 lekë, une vue à 3...

# 20 • Adieu à Korçë • Albanie • Extrait: Carnet de voyage d' Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Korçë. Crédits photo: @ainsiparlaitlart_gerardpocquet Adieu à Korçë La dernière photo prise à Korçë tient en un seul cadre presque tout ce qu'un long chapitre a mis des pages à raconter. Le drapeau albanais, au premier plan,  l'aigle bicéphale dont ce carnet a détaillé l'histoire, dès ses premières pages.  La statue du Combattant national, ensuite, signée Odhise Paskali en 1933 :  la quatrième œuvre du sculpteur, croisée dans cette seule ville, elle-même déplacée  en 1986 pour un monument à Hoxha puis rendue à sa place après 1990.  Et derrière, la cathédrale de la Résurrection : l'ancienne cathédrale Saint-Georges  de Korçë, rasée par le régime communiste en 1968 comme tant d'édifices religieux  du pays, rebâtie entre le milieu des années 1990 et 2002, l'une des plus grandes cathédrales orthodoxes d'Albanie aujourd'hui.  Nation, résistance et foi, toutes trois interrompues puis relevées au même endroit :  la photo ne démontre rien, elle const...

Dayron Gonzalez Exposition "Home is where you are" • Œuvre "Birthday at The Park" © Galerie Olivier Waltman, Paris | Miami • Press Release Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Dayron Gonzalez, Home is Where You Are, Huile sur toile, Oil on canvas, 100 x 151 cm, 39.5 x 59.5 in, 2025. Pour moi, la maison ne se définit pas comme un espace physique : elle est constituée des personnes avec lesquelles on vit et on interagit, que ce soit dans le présent ou dans notre passé. Lorsque l’on quitte son pays natal, a fortiori dans des conditions contraintes, aucun lieu ne peut remplacer celui que l’on a quitté et, de fait, toutes les destinations que choisit un exilé deviennent comme équivalentes, elles se valent toutes. Dayron Gonzalez, Marshmallows, Huile sur toile, Oil on Canvas,165 x 129,5 cm, 65 x 51 inch, 2025.  https://ainsiparlaitlart.blogspot.com/2025/10/dayron-gonzalez-exposition-home-is.html L'Art Universel • L'Art Sacré • L'Art Singulier d'Ici et d'Ailleurs Ainsi Parlait l'Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art # 18 • KUTAL • Où la campagne comme les peintres du Nord la peignaient • Gallery Photo • Albanie  • Extrait: Carnet de voyage d...

# 18 • KUTAL • Où la campagne comme les peintres du Nord la peignaient • Gallery Photo • Albanie •  Extrait: Carnet de voyage d' Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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KUTAL • Crédits Photo: @ainsiparlaitlart_gerardpocquet Kutal, où la campagne comme les peintres du Nord la peignaient jeudi 6 août,  huit heures du matin. À Kutal, tout commence par la lumière;  cette clarté rasante  et dorée qui n'appartient qu'aux tout premiers instants du jour, avant que la chaleur ne vienne tout écraser.  Devant l'hôtel, la vallée s'ouvre, immense, cernée de montagnes qui se déclinent  en vert et bleu : vert sombre au premier plan, où la forêt grimpe encore à l'assaut  des pentes ; gris-bleu ensuite, la roche nue prenant le relais là où les arbres renoncent ; et tout au fond, un bleu presque blanc, dilué dans la brume matinale, la ligne des sommets qui se dissout dans le ciel plutôt qu'elle ne le rencontre.  C'est un principe de peinture avant d'être un principe de géographie.  Cette dégradation de la couleur avec la distance, que les paysagistes du Nord  ont mis en formule il y a cinq siècles, et, la nature, ici, la réit...

# 17 • Titulli:BURIMI JETEDHENES • Title: LIFE GIVING SOURCE • Titre : La Source Vivifiante, musée Onufri de Berat • Albanie •  Extrait: Carnet de voyage d' Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Autori: ANONIM • Titulli:BURIMI JETEDHENES • Shekulli:XVIII Teknika: TEMPERA MBI PANEL DRURI Ikona eshte marre nga kisha e "Profet Elias" në lagjen Perrua (Berat) Author:ANONYMOUS • Title: LIFE GIVING SOURCE • Period: 18th CENTURY Techniques: TEMPERA ON WOOD This icon is taken from the church of the "Prophet Elijah", Perrua (Berat) La Source Vivifiante, musée Onufri de Berat Autre icône marquante du musée Onufri : " La Source Vivifiante », en grec Zoodochos Pigi, littéralement « la Source qui reçoit la vie ",  provenant de l'église du Prophète Élie, dans le quartier de Përrua à Berat. La légende Le sujet appartient à un type marital très répandu dans le monde byzantin, associé  à une légende de Constantinople. Un soldat byzantin nommé Léon se promenait  dans une forêt aux abords de la ville lorsqu'il croisa un jeune aveugle qui lui demanda de l'eau pour étancher sa soif. Léon voulut l'aider mais chercha en vain dans toute  la forêt. Il fini...

# 16 • Tunnel Nostalgia, Gjirokastër : la paranoïa d'État recyclée en bric-à-brac • Albanie • Gallery Photo • Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Tunnel Nostalgia, Gjirokastër : la paranoïa d'État recyclée en bric-à-brac En haut de la rue Gjin Bue Shpata, un panneau rouge en forme d'arche de tunnel, aigle bicéphale noir imprimé au centre, annonce la couleur : « Tunnel Nostalgia ».  Un euro l'entrée, et l'on plonge aussitôt dans une galerie voûtée en pierre et en béton, dont les étagères débordent sur le trottoir, lampes à huile, casques, horloges anciennes. Ce boyau de pierre n'est autre qu'un ancien tunnel de défense civile, l'un des innombrables vestiges de la « bunkerisation » du pays : entre 1967 et 1986, Enver Hoxha fait construire, selon les estimations, entre 175 000 et 750 000 bunkers de béton à travers tout le pays, près de six pour chaque kilomètre carré, un pour quatre habitants, un chantier qui coûte plus cher que la ligne Maginot française et engloutit trois fois plus de béton, au prix de soixante à cent ouvriers morts chaque année sur les chantiers. L'Albanie ne sera jamais envahie ;...

# 15 • Albanie • « Nderi i Qytetit » • Les visages de Gjirokastër • Ismail Kadare • Musine Kokalari • Eqrem Çabej • Vasil Laboviti • R. Fico • Bule Naipi et Persefoni Kokëdhima • Hasan Xhiku • UNESCO • 

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Les visages de Gjirokastër La ville aligne, comme partout ailleurs en Albanie, ses statues et ses murs d'honneur, mais celui de Gjirokastër a ceci de particulier qu'il rassemble d'un coup,  sur une même paroi de pierre claire, cinq visages en bronze sous l'inscription  « Nderi i Qytetit » , l'Honneur de la Ville. Ismail Kadare domine largement le groupe par sa notoriété : le plus célèbre écrivain albanais de tous les temps, premier lauréat du Man Booker International Prize  en 2005, plusieurs fois pressenti pour le Nobel, né dans cette même ville  une génération après le dictateur Enver Hoxha, lui aussi originaire de Gjirokastër. Musine Kokalari vient juste après, et son histoire est parmi les plus poignantes  du pays. Née en 1917, première femme albanaise à publier un recueil de poèmes  dans son pays, elle cofonde en 1943 le Parti social-démocrate albanais et devient  l'une des rares voix féminines de l'opposition anti-communiste naissante.  Le r...

# 10 • Butrint, la ville au bœuf blessé • Albanie • Gallery Photo • Ainsi parlait l' Œil écoute, Ainsi Parlait l'Art.

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Butrint, la ville au bœuf blessé Butrint occupe une presqu'île entourée d'eau, coincée entre le lac des Nymphes  et le canal de Vivari qui le relie à la mer Ionienne, un site que les Anciens appelaient Bouthrotos. La légende, elle, préfère une autre étymologie, plus sanglante : Hélénos, gendre de Priam, fuyant Troie en flammes, aurait sacrifié un taureau pour s'assurer un passage tranquille vers l'Épire ; blessé, l'animal se serait jeté à la mer, aurait nagé jusqu'à cette rive et y serait mort, d'où « bou-throtos », le bœuf blessé.  Virgile en fait une étape de son Énée ; Racine y situe son Andromaque.  Le mythe, ici, précède largement l'archéologie. La ville, cœur des tribus chaones, grandit dès le VIe siècle avant notre ère, se fortifie, se dote de temples, dont celui d'Asclépios, dieu de la santé, puis d'un théâtre.  Rome s'y intéresse tôt : César tente d'y fonder une colonie dès 44 avant J.-C.,  mais il faudra attendre Auguste pour qu...

# 14 • Un aigle à deux têtes : l'histoire du drapeau albanais.

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Un aigle à deux têtes : l'histoire du drapeau albanai s Avant même de poser un pied à Tirana, il faut s'arrêter sur ce drapeau qu'on croise partout dans le pays, brodé, peint, aimanté sur tous les frigos des boutiques  de souvenirs : fond rouge, aigle noir à deux têtes, ailes déployées.  On l'attribue à Gjergj Kastrioti, dit Skanderbeg, qui l'aurait hissé en 1443 en reprenant Krujë aux Ottomans, puis à nouveau en 1444 en fédérant les princes albanais au sein de la Ligue de Lezhë. L'aigle bicéphale n'est pas son invention : c'est le sceau de sa propre famille, les Kastrioti, documenté sous cette forme dès 1458, lui-même repris du grand aigle impérial byzantin. Sur les armoiries complètes, un détail curieux surmonte l'aigle : le casque de Skanderbeg, couronné de cornes de bouc, un ornement dont l'origine reste discutée, certains y voyant un écho des cornes de bélier d'Alexandre le Grand, d'autres celles portées par Pyrrhus d'Épire. Le c...