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# 48 • Trois femmes en costume, sur les murs de brique de Furra • Gjirokastër • Une maison-tour de 1720 • Albanie • Gallery Photo • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Trois femmes en costume, sur les murs de brique de Furra Dans la salle voûtée du restaurant Furra, à Gjirokastër, une maison-tour de 1720, dont les murs de pierre et de brique apparente ont été laissés à nu, poutres comprises, trois grandes toiles contemporaines accueillent le dîner. Toutes trois reprennent le même sujet : une femme en costume traditionnel albanais, saisie en pied, seule, sans décor, autre qu'un fond travaillé à la matière. Toutes trois, aussi, sont signées d'une main que la photographie ne permet pas de déchiffrer avec certitude ; ces lignes décrivent donc les œuvres elles-mêmes, faute de pouvoir en créditer l'auteur avec assurance. Un vocabulaire commun : la broderie devenue peinture Ce qui frappe d'abord, dans les trois toiles, c'est le refus de la peinture plate. Les motifs brodés des costumes, volutes, croix, losanges, rangs de perles, ne sont pas simplement représentés : ils sont reconstitués en léger relief, à la manière d'un empâtement é...

# 47 • Tirana • Le théâtre de la mosaïque • Albanie • Gallery Photos • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Le théâtre de la mosaïque Sept photographies, prises côte à côte en quelques minutes, un dernier matin  à Tirana. L'œil de l'homme qui marche arrête le temps sur des fragments:  une statue, un minaret, une cloche, un blason, une façade. Pendant que son propre corps, sa propre vie, ne sont qu'un passage.  Sauf les corps qui marquent l'histoire des hommes : ceux-là s'impriment dans le récit inconscient d'un peuple, bien après que la chair qui les a portés a disparu. Retour, d'abord, place Skanderbeg, là même où ce carnet s'était ouvert un mois plus tôt. Le cavalier de bronze n'a pas bougé, onze mètres, inauguré en 1968, la mosquée Et'hem Bey qui l'accompagne depuis 1821 non plus. Mais le ciel derrière lui, oui :  deux tours de deux cent cinq mètres, à peine des promesses de chantier au premier jour, referment maintenant le nord de la place. La ville a continué de pousser pendant que le voyageur, lui, a fait sa boucle et est revenu au point de d...

# 46 • Musée Onufri de Berat • GJERGJ DHE NDIN ÇETIRI (KATRO) • ICONE & ANONYMOUS • NATIVITY OF ST.MARY • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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GJERGJ DHE NDIN ÇETIRI (KATRO) • IKONE (ARKE OFERTASH) • APOKALIPSI (GJYKIMI FUNDIT) 1846 • TEMPERA NË DRU ICONE (BOX OFFER) • APOCALYPSE (LAST JUDGMENT) • 1846 • TEMPERA ON WOOD Crédits Photo : @ainsiparlaitlart_gerardpocquet L'enfer dans une boîte à offrandes Au musée Onufri de Berat, installé dans l'ancienne cathédrale orthodoxe  de la citadelle, deux pièces modestes en apparence, l'une n'est même pas une icône, racontent à elles seules la richesse de la peinture post-byzantine albanaise,  loin des grandes compositions déjà connues du lieu. La première est un coffre. Une arke ofertash, un tronc à offrandes en bois,  du genre qu'on plaçait au fond d'une église pour y recueillir les dons des fidèles, un objet utilitaire, en somme, que personne n'aurait songé à décorer avec le soin  d'une icône royale. C'est pourtant ce qu'ont fait, en 1846, deux peintres du nom  de Gjergj et Ndin Çetiri, de la famille dite Katro : le couvercle tout entier est co...

# 45 • HEROJTE E POPULLIT • VOJO KUSHI • SADIK STAVALECI • XHORXHI MARTINI • Colline Rouge de Tirana • • Albanie • Gallery Photos • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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# 45 • HEROJTE E POPULLIT •  Crédits Photo : @ainsiparlaitlart_gerardpocquet Le dernier bond de Vojo Kushi À l'angle d'une rue tranquille de la Colline Rouge, à Tirana, un petit monument  de béton et de marbre, porte, gravés sous une étoile dorée, trois noms :  Vojo Kushi, Sadik Stavaleci, Xhorxhi Martini.  Peu de passants s'y arrêtent.  Il marque pourtant l'un des épisodes les plus rejoués de toute l'histoire visuelle albanaise du XXe siècle; un même geste, peint, sculpté, gravé au bronze et imprimé sur des timbres-poste, jusqu'à devenir presque une image de synthèse plutôt que le souvenir d'un homme précis. Vojo Kushi naît le 3 août 1918 à Vrakë, près de Shkodër, dans une famille  de la minorité serbe alors mise au ban par le roi Zog, dont le régime interdisait jusqu'aux suffixes serbes dans les noms de famille.  Le Parti communiste albanais n'existe pas encore : il ne sera fondé à Tirana  que le 8 novembre 1941, sous occupation italienne. Kushi...

# 44 • SHEJTJA NANE TEREZE • Sainte Mère Teresa • Une sainte qui n'a jamais vécu ici • Tirana • Albanie • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Une sainte qui n'a jamais vécu ici À Tirana, il suffit de descendre de l'avion pour la croiser : l'aéroport international porte son nom depuis 2001. La deuxième place de la ville aussi.  L'hôpital principal aussi. Et devant la cathédrale catholique Saint-Paul,  une statue de bronze l'accueille dès l'entrée, socle gravé « Shejtja Nënë Tereze », Sainte Mère Teresa, un rosaire suspendu à sa main levée.  À l'intérieur, un vitrail l'associe à Jean-Paul II, une mosaïque de galets recompose patiemment son visage sous l'inscription de son nom. Peu de villes au monde portent à ce point, dans leur toponymie et leur pierre,  la mémoire d'une seule femme. Et pourtant, Mère Teresa n'a jamais vécu à Tirana. Elle naît Anjezë Gonxhe Bojaxhiu le 26 août 1910 à Uskub, l'actuelle Skopje,  ville de l'Empire ottoman, dans une famille catholique albanaise dont le père, marchand et militant nationaliste, meurt quand elle a huit ans.  À dix-huit ans, elle qu...

# 43 • Colline Rouge de Tirana • Atelier du peintre Sali Shijaku • Tirana • Albanie • Gallery Photos • Extrait: Carnet de voyage Ainsi parlait l’Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art

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Maison du peintre Sali Shijaku • Crédits Photo : @ainsiparlaitlart_gerardpocquet Le peintre de ses propres héros Sur la Colline Rouge de Tirana, derrière une porte de bois à double battant qu'aucune enseigne ne signale, un jardin un peu à l'abandon mène à une villa aux balcons croulant de plantes, façade de brique et de pierre, toit à deux pans, tables rouges dressées sous les arcades. Un tableau noir planté dans un pot de fleurs annonce,  en anglais, « Fine Food »: poisson, viande, gyros, salade. On pourrait n'y voir  qu'un restaurant de quartier, un peu bancal, où l'accueil laisse parfois à désirer.  Ce serait passer à côté de l'essentiel : cette maison a été, jusqu'à sa mort en 2022, l'atelier du peintre Sali Shijaku, et elle en garde, entassée contre les murs,  la trace entière. Atelier du peintre Sali Shijaku • Tirana  • Crédits Photo : @ainsiparlaitlart_gerardpocquet   Né à Tirana le 12 mars 1933 dans une famille de la classe moyenne, Sali Shijak...