🎬 L'AFFICHE A PARLÉ • LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI • Un film de Michel Leclerc • L'Œil écoute, Ainsi Parlait l' Art
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| © Le Pacte • Sortie en salles le 24 juin 2026 |
Un film de Michel Leclerc • Critique
Ce trône doré au milieu de l'image n'est pas un symbole de puissance, c'est une prison dorée. Le ciel qui s'ouvre derrière Artus est la lumière d'un dehors encore inconnu
Julia Piaton, véritable révélation du film, est reléguée à gauche, légèrement en retrait. Sa position graphique ne correspond pas à l'importance du personnage. C'est la dissonance la plus révélatrice de l'objet : l'affiche sacrifie la logique interne du film à la hiérarchie commerciale des noms.
Ce que le film tient • et ce qu'il ne tient pas
Commençons par ce qui fonctionne, et qui fonctionne vraiment. Niels Hamel-Brochen en Louis XIV est la révélation du film. Ce jeune acteur porte un double fardeau,Julia Piaton en Madeleine Béjart fait ce que les grandes actrices savent faire :
Mais le film a ses angles morts, et ils sont de taille.
Artus en Cyrano déçoit, non par manque de talent, mais par excès de calcul. Jouer Cyrano dans un film populaire, c'est prendre un risque beau et noble. Choisir ce scénario, avec ces ambitions, aurait pu être un geste de cinéma. Il finit en opération de marketing, soigneusement emballée dans le panache. L'intériorité promise, cette sensibilité à fleur de peau, cette mélancolie du loser magnifique, on ne la voit guère à l'écran. Artus joue Artus en costume du XVIIe siècle. C'est suffisant pour remplir les cases. Insuffisant pour habiter le mythe.
Franck Dubosc a un contre-emploi dans D'Artagnan, il n'apporte pas grand-chose à l'histoire. L'idée était séduisante sur le papier, un D'Artagnan vieillissant qui court après sa légende. Mais à l'écran, le personnage flotte entre la parodie qu'il veut éviter et l'émotion qu'il ne trouve pas vraiment. Le subterfuge du cheval fait sourire une fois. Pas davantage.
Et puis il y a le scénario. Pour une comédie historique revendiquant la filiation avec Rappeneau, De Broca et Gérard Oury, force est de constater qu'on ne rit pas vraiment. Quelques piques relevées au détour d'un dialogue, des clins d'œil à notre époque distillés avec plus ou moins de grâce, ne font pas une comédie. Le récit s'essouffle par moments, les ressorts dramatiques peinent à rebondir, et la promesse d'une aventure enlevée finit par se diluer dans une bonne volonté un peu molle.
Michel Leclerc est un cinéaste sincère, et cette sincérité se voit à l'écran. Mais la sincérité ne suffit pas à compenser un film qui ne tient pas toutes ses promesses.
Le verdict de l'œil écoute: C'est cher de payer sa place. Attendez de le voir à la télé! Les révélations Hamel-Brochen, Piaton, Schiffman et de Baecque garderont leur éclat sur un écran plus petit.
Fiche technique
Réalisation : Michel Leclerc
Scénario : Michel Leclerc, en collaboration avec Baya Kasmi
D'après une idée originale de : Alexandre Castagnetti et Michel Leclerc
Avec : Artus (Cyrano), Julia Piaton (Madeleine Béjart), Nemo Schiffman (Molière), Niels Hamel-Brochen (Louis XIV), Franck Dubosc (D'Artagnan), Doria Tillier (Anne d'Autriche), Suzanne de Baecque (La Grande Demoiselle)
Image : Alexis Kavyrchine — Musique : Pierre Legay
Durée : 1h55 — Distribution : Le Pacte
Sortie : 24 juin 2026 — Sélection officielle Cannes 2026, Cinéma de la Plage
L'œil écoute.
Ainsi Parlait l'Art.
Gérard Pocquet.
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