# 13 • La maison natale d'Enver Hoxha, Gjirokastër • Musée ethnographique de Gjirokastër • Biographie • Enver Hoxha naît le 16 octobre 1908 •


 La maison natale d'Enver Hoxha, Gjirokastër

À l'intérieur du musée ethnographique de Gjirokastër, bâti sur l'emplacement de la maison natale d'Enver Hoxha, bien que l'édifice d'origine ait brûlé en 1966 et ait été reconstruit depuis, un petit berceau de bois à bascule repose dans un angle de pièce au parquet sombre. Devant lui, une plaque de pierre : « Në këtë dhomë lindi më 16 tetor 1908 Enver Hoxha » — « Dans cette chambre naquit, le 16 octobre 1908, Enver Hoxha ». Rien d'autre autour, aucune mise en scène : juste ce berceau nu.

Un panneau bilingue, plus loin, retrace la biographie officielle du dictateur. En voici la traduction complète.

Enver Hoxha naît le 16 octobre 1908, dans une famille établie de Gjirokastra. Il passe sa petite enfance dans la ville, où il achève l'école civique (1917-1923) puis suit trois années de lycée. De 1927 à 1930, il poursuit ses études à Korçë, au lycée français. En 1930, il s'inscrit à l'université de Montpellier, en France, à la faculté des sciences naturelles, mais interrompt ses études en 1933. Il passe quelque temps à Paris, occupant divers emplois. De 1934 à 1935, il est employé au service consulaire albanais en Belgique. En 1936, il est renvoyé et rentre en Albanie.

De 1937 à 1939, il travaille comme enseignant au lycée français de Korçë. C'est à cette époque qu'il devient membre du Groupe communiste de Korçë. Au début de 1940, il s'installe à Tirana, où, avec l'aide d'amis, il ouvre la boutique « Flora », qui sert de centre de coordination principal pour la section du Groupe communiste de Korçë. Il collabore avec différents représentants d'autres groupes de jeunesse communistes et antifascistes. Le 8 novembre 1941, il participe à la réunion fondatrice du Parti communiste albanais (PCA), en tant que représentant du Groupe communiste de Korçë. Il est ensuite chargé des finances du PCA et élu membre du Comité central. Il est nommé secrétaire politique du PCA pour Tirana.

En septembre 1942, il assiste à la conférence de Peza, où il est élu membre du Conseil général de libération nationale. En mars 1943, la première conférence du PCA l'élit secrétaire général. En juillet 1943, avec la création de l'état-major général de l'Armée de libération nationale, il est élu commissaire, puis élevé au rang de commandant après le congrès de Përmet. C'est également à Përmet qu'il est nommé président du Comité antifasciste de libération nationale, qui exerce alors les attributions d'un gouvernement provisoire. En octobre 1944, lors de la réunion du Comité, le Gouvernement démocratique d'Albanie est formé et Enver Hoxha en est nommé président. Il devient la figure centrale du PCA et dirige le Front de libération nationale ainsi que la guerre de libération nationale antifasciste jusqu'à la libération de l'Albanie de l'occupation fasciste.

Après la Libération et jusqu'à sa mort, en 1985, il dirige le régime communiste qui s'installe en Albanie, ainsi que l'ensemble des réformes idéologiques, politiques, économiques et sociales. Les quelques acquis économiques, éducatifs et culturels ne suffisent pas à sortir l'Albanie de son statut de l'un des pays les plus pauvres d'Europe. La lutte des classes et l'absence de libertés et de droits humains fondamentaux affectent gravement la vie et les aspirations démocratiques des Albanais. Enver Hoxha défend l'indépendance et la souveraineté de l'Albanie face aux menaces extérieures, mais poursuit une politique de fermeture et d'isolement vis-à-vis du monde occidental démocratique.


Ce qui frappe, dans ce texte, c'est son ton sobrement critique, un panneau officiel 
de musée qui reconnaît noir sur blanc l'échec économique du régime et l'absence 
de libertés fondamentales. À quelques rues de là, pourtant, les boutiques du bazar vendent son sourire sur des mugs, sans une ligne de ce texte. Deux Gjirokastër coexistent ainsi, à deux pas l'une de l'autre : celle, officielle, qui condamne à mots choisis ; et celle, commerciale, qui vend la nostalgie au comptoir.


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