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Vue d'ensemble des six pastels, salle de l'exposition] Pastels au crayon de couleur, 1908. Séries médiumniques, premières formes du langage abstrait d'Hilma af Klint. Vue de l'exposition, Grand Palais, Galeries 8, Paris, juin 2026. Photo : Gérard Pocquet / Ainsi Parlait l'Art Avant les toiles monumentales. Avant les spirales de trois mètres de haut. Avant tout ce que le monde allait mettre cent ans à voir, il y avait une table. Cinq femmes assises autour. Et le silence particulier de celles qui écoutent quelque chose que les autres n'entendent pas encore.
Stockholm, 1896. Hilma af Klint fonde avec quatre amies un groupe qu'elles appellent simplement De Fem, Les Cinq, en suédois. Sigrid Hedman, Anna Cassel, Cornelia Cederberg, Mathilda Nilsson. Cinq femmes formées, sérieuses, qui auraient pu n'être que des figures convenables de la scène artistique suédoise. Elles choisissent autre chose.
Elles se réunissent régulièrement. Elles prient. Elles entrent en contact ou croient entrer en contact avec des guides spirituels qu'elles nomment Amaliel, Ananda, Clemens, Esther, Georg et Gregor. Elles dessinent. Automatiquement. La main qui se déplace sans que la tête commande. Des arabesques, des spirales, des lettres qui ne forment pas de mots connus. Les carnets s'accumulent. Les formes cherchent leur nom.
Ce qu'on appelait alors, écriture automatique, le surréalisme le revendiquera comme invention trente ans plus tard.
 Deux pastels datés de février 1908, cercles chromatiques] Hilma af Klint, pastels au crayon de couleur sur papier, février 1908. Ces cercles chromatiques précèdent de plusieurs années les théories de la couleur de Kandinsky. Vue de l'exposition, Grand Palais, Galeries 8, Paris, juin 2026. Photo : Gérard Pocquet / Ainsi Parlait l'Art |
Regardez ces deux pastels. Février 1908. Une roue divisée en segments colorés, rouge, jaune, bleu, vert, blanc, cerclée d'une couronne striée comme un astre. En dessous, un second cercle concentrique, les mêmes couleurs réparties autrement, une croix au centre. La main est précise. Le geste est calme. Il n'y a aucune hésitation dans ces traits.
Ce n'est pas de l'improvisation. Ce n'est pas non plus de la peinture décorative.
C'est un système. Un langage. Une cosmologie chromatique où chaque couleur porte
une charge, le bleu pour la contemplation spirituelle, le jaune pour la concentration intellectuelle, le rouge pour le désir, empruntée aux théoriciens théosophes Annie Besant
et Charles Leadbeater, croisée avec Goethe, avec la physique de la lumière, avec ce que
les esprits ont dit lors des dernières séances.
Hilma af Klint ne peint pas ce qu'elle voit. Elle peint ce qu'elle reçoit.
Pionnière de l'abstraction, la peintre suédoise Hilma af Klint (1862-1944) crée au début du 20° siècle une œuvre fascinante et unique, qui reste encore à découvrir en France après
le succès de sa rétrospective au Guggenheim Museum de New York en 2018. Cette exposition inédite à Paris lui rend hommage par la présentation des Peintures du Temple, réalisées entre 1906 et 1915. Cet ensemble majeur pour l'histoire de l'art moderne, composé d'une succession de dix séries, associe figures, symboles et formes géométriques. L'artiste y repense la frontière entre visible et invisible, abstraction et figuration, à partir de motifs stylisés où s'entremêlent sciences modernes, vocabulaire décoratif et spiritualité. Entrepris au sein d'un collectif
de cinq femmes (De Fem), autour de séances spirituelles qui font naître de surprenants «dessins automatiques», ce cycle permet à l'artiste de s'affranchir d'un style naturaliste conventionnel qu'elle pratique par ailleurs.
Plus d'une centaine de toiles et dessins dialoguent ici avec diverses sources d'inspiration (folklore nordique, sciences naturelles, ésotérisme) qui ont nourri les imaginaires visuels
de l'artiste. Visionnaire jusque dans l'invention plastique d'un «troisième genre»,
Hilma af Klint nous livre une œuvre d'une incroyable fraîcheur, en lien direct avec la culture contemporaine. Cette œuvre est l'expression de son cheminement spirituel, aux côtés de ses consoeurs, et fut révélée sur sa demande bien après sa mort.
Panneau d'introduction bilingue de l'exposition]
Texte d'introduction de l'exposition, Grand Palais, Galeries 8, Paris, juin 2026. Photo : Gérard Pocquet / Ainsi Parlait l'Art
Le panneau d'entrée de l'exposition le dit sans détour : ce cycle de peintures, entrepris au sein du collectif De Fem, autour de séances spirituelles qui font naître de surprenants dessins automatiques, permet à l'artiste de s'affranchir d'un style naturaliste conventionnel qu'elle pratique par ailleurs.
Affranchissement. Le mot est juste. Ce que le groupe donne à Hilma af Klint, ce n'est pas une technique. C'est une permission. La permission de peindre autrement que ce que l'Académie lui a appris. La permission d'aller là où personne ne l'a précédée. La permission d'inventer.
En 1904, lors d'une séance, les esprits Georg et Ananda lui annoncent qu'un temple devra un jour être construit pour abriter les peintures. Elle y croit. Elle commence à peindre ce temple en novembre 1906. En 1931, elle en esquisse même les plans, une structure conique à quatre étages, avec une tour en son centre, prévue sur l'île de Ven, dans le détroit d'Öresund,
à la frontière entre le Danemark et la Suède. Ce temple ne verra jamais le jour.
Mais ses peintures sont là, aujourd'hui, dans les Galeries 8 du Grand Palais.
Contemporaine avant l'heure
Née en 1862, Hilma af Klint est une artiste suédoise formée à la peinture classique.
Avec ses amies, elle pratique des séances de spiritisme: des esprits les guident pour créer
des peintures pour un temple.
Volontairement! Ces œuvres, cachées à sa mort, ne sont visibles que depuis 40 ans!
• L'œil écoute, Ainsi Parlait l'Art
Hilma af Klint (1862–1944). Portrait photographique, vers 1895. Vue de l'exposition, Grand Palais, Galeries 8, Paris, juin 2026. Photo : Gérard Pocquet / Ainsi Parlait l'Art
Hilma af Klint • Les peintures du Temple (1906–1915) Grand Palais, Galeries 8 • jusqu'au 30 août 2026 Coproduction GrandPalaisRmn / Centre Pompidou #ExpoHilmaAfKlint #AinsiParlaitLArt
En 2026, pour la première fois en France, le Grand Palais et le Centre Pompidou lui consacrent une exposition monographique placée sous le commissariat de Pascal Rousseau, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste des avant-gardes historiques et des débuts de l'abstraction. La scénographie est signée Pascal Rodriguez, architecte-scénographe du Centre Pompidou. Les Peintures du Temple sont là. Les Dix Plus Grands sont là. Elle est là.
L'Art Universel • L'Art Sacré • L'Art Singulier d'Ici et d'Ailleurs | Gérard Pocquet Ainsi Parlait l'Art | ainsiparlaitlart@proton.me @ainsiparlaitlart_gerardpocquet HILMA AF KLINT • Ainsi parlait HILMA AF KLINT #2 • De Fem. Elles étaient cinq • Les peintures du Temple (1906–1915) • Grand Palais Paris jusqu'au 30 août 2026 Pour en savoir plus : Le lien est dans la Bio https://ainsiparlaitlart.blogspot.com #ainsiparlaitlart #art #peinture #culture |
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